Soyouz-U | 20 juin 1996

Le 658ème lanceur Soyouz-U (11A511U n°77044843) a décollé du pas de tir n°2 (17P32-2) de la zone n°16 du cosmodrome de Plesetsk le 20 juin 1996 à 18h44'59,051" GMT.

La charge utile était constituée d'un satellite militaire Yantar-4K2 (11F695 n°47873551). A H0+48,75", à une altitude d'environ 6km, la coiffe du lanceur s'arrache, et le système de contrôle envoie l'ordre d'arrêt des moteurs des blocs latéraux et du deuxième étage.

En conséquence, le lanceur retombe vers la Terre et se disloque en plusieurs parties, qui explosent lors de l'impact avec le sol. L'accident n'a heureusement pas fait de victimes, excepté quelques soldats légèrement blessés par les bris de glaces des bâtiments environnants.

Le satellite Kobalt, quant à lui, a été séparé automatiquement du troisième étage à environ 5km d'altitude et a ensuite été détruit par le système de sécurité. Le peroxyde d'azote et l'UDMH de ses réservoirs réagissent et forment un nuage de vapeur qui est balayé par les vents. D'autres éléments du satellite retombent dans la taïga, mais la nature des ergols présents dans ces réservoirs n'a pas été divulguée.

Le pas de tir n°2 ne sera plus utilisé avant le 24 septembre 2004.

L'enquête

Un échec très similaire était survenu un mois plus tôt, le 14 mai 1996, lors de la précédente mission d'un lanceur Soyouz-U, tiré depuis le cosmodrome de Baïkonour. Il s'est avéré que les deux accidents sont dus aux deux mêmes défauts dans la construction de la coiffe.

D'une part, le sous-traitant qui développe la coiffe, l'AO Stekloplastik de Syzran, près de Samara, avait utilisé un nouveau procédé pour coller les différentes couches qui constituent la structure de la coiffe, et n'en avait pas informé le maître d'œuvre, c'est à dire le TsSKB-Progress. Pour information, la coiffe est faite de plusieurs couches d'une structure de verre en nid d'abeilles.

D'autre part, le TsSKB-Progress a été accusé de ne pas avoir conçu assez solidement les 28 verrous qui retiennent entre elles les deux parties de la coiffe. Lors du développement de ces verrous, les ingénieurs n'ont pas suffisamment pris en compte le transitoire d'accélération, qui conduit à une pression maximale à la quarante-neuvième seconde de vol.

Cette difficulté a pourtant été identifiée depuis longtemps. On notera par exemple que les coiffes des vaisseaux spatiaux Soyouz et Progress sont équipées de 40 verrous au lieu de 28, pour plus de sécurité.

Bibliographie

Novosti Kosmonavtiki n°127
Novosti Kosmonavtiki n°129
HARVEY, Brian, Russia in Space, the Failed Frontier, Springer&Praxis, 2001


Dernière mise à jour : 9 janvier 2011