MKS-20 | Chronologie

1. Lancement et amarrage

Le 27ème lanceur Soyouz-FG (11A511U-FG n°Ю15000-030) décolle du pas de tir n°5 (17P32-5) de la zone n°1 du cosmodrome de Baïkonour le 27 mai 2009 à 10h34'53,043" GMT.

Tout se déroule de façon nominale et à 10h43'41" GMT le vaisseau Soyouz TMA-15 (11F732A17 n°225) est placé sur une orbite basse (198,195km x 240,67km x 51,65°).

Fig. 4 : Décollage de Soyouz TMA-15, 27 mai 2009.
Crédit : DR.

L'équipage est constitué du commandant Roman ROMANENKO, de l'ingénieur de bord n°1 Frank DE WINNE et de l'ingénieur de bord n°2 Robert THIRSK.

Seule ombre au tableau : la tour de sauvetage SAS ne retombe pas dans la zone prévue, bien qu'elle se soit séparée correctement.

Dès la mise sur orbite, le vaisseau déploie ses deux panneaux solaires, les quatre antennes du système Kours-A, une antenne pour la télémétrie et une autre pour le système TORU. Pour rejoindre la Station Spatiale Internationale, cinq corrections d'orbite sont nécessaires (tab. 5).

Date Heure (GMT) Durée (s) dV (m/s) Orbite après correction
27 mai 2009 14h12'12" 78,8 31,81 221,5km x 309,5km x 51,65°
27 mai 2009 14h55'39" 32,6 12,94 264,4km x 309,7km x 51,65°
28 mai 2009 11h59'08" 6,2 2,00 271,0km x 309,7km x 51,65°
29 mai 2009 10h32'29" 30,5 12,12 308,9km x 331,0km x 51,65°
29 mai 2009 11h17'47" 25,7 10,18 312,6km x 345,8km x 51,65°
Tab. 5 : Liste des corrections d'orbite réalisées par Soyouz TMA-15 (données TsUP).

Après quarante-huit heures de vol autonome, Soyouz TMA-15 arrive en vue de la station. Le module Zvezda est occupé par Soyouz TMA-14, et le cargo Progress M-02M est amarré sur Pirs.

Au sol, toutes les communications se coupent brutalement entre le TsUP et le centre Johnson de Houston. Le centre européen COL-CC d'Oberpfaffenhofen, en Allemagne, retransmet les communications vocales et l'amarrage pourra donc avoir lieu dans les délais. La panne aura duré de 04h22 GMT à 08h40 GMT. On découvrira plus tard que le problème est dû à la rupture d'une fibre optique à Helsinki.

L'approche de Soyouz TMA-15 se déroule sans incident grâce au système automatique Kours, et le vaisseau s'amarre à la pièce nadir du module Zaria le 29 mai 2009 à 12h34 GMT. Quelques instants plus tard, à 13h14 GMT, ROMANENKO, DE WINNE et THIRSK pénètrent dans la station et retrouvent PADALKA, BARRATT et WAKATA.

Fig. 5 : Soyouz TMA-15 approche de la station, 29 mai 2009.
Crédit : DR.

C'est un moment historique : le premier équipage à six vient de se former, plus de dix ans après le lancement du module Zaria.

Les cosmonautes n'ont pas le temps de s'ennuyer. Dès le 30 mai, ils réalisent le grand nettoyage hebdomadaire de la station et ils préparent les scaphandres Orlan pour la sortie dans l'Espace de PADALKA et BARRATT prévue pour le 5 juin. Ils testent notamment le système de communication Korona.

Le 31 mai, le système d'élimination du dioxyde de carbone Vozdoukh tombe en panne. Une valve mal engagée est à l'origine du problème, qui est rapidement réglé.

2. La première sortie dans l'Espace

Le 1er juin, PADALKA et ROMANENKO installent le système d'amarrage StM sur le vaisseau Progress M-02M, au cas où un problème lors de la sortie empêcherait les cosmonautes de repressuriser le module Pirs. Progress devrait alors être télécommandé depuis le TsUP.

Mais les deux prochaines sorties dans l'Espace ne sont pas le seul événement qui attend l'équipage. Quelques jours plus tard, le 15 juin, la navette américaine Endeavour STS-127 rejoindra la station, et ses astronautes mèneront à bien cinq sorties depuis le module Quest.

Fig. 6 : Dans le module Destiny, Frank DE WINNE travaille avec le WRS, 2 juin 2009.
Crédit : DR.

Le 2 juin, BARRATT et WAKATA commencent à préparer ces sorties. Ils mettent en place des câbles dans le sas de Quest et chargent les batteries des caméras de casque des scaphandres EMU.

Mais il faut aussi préparer les sorties en Orlan. D'ailleurs, les nouveaux scaphandres Orlan-MK seront utilisés pour la première fois. BARRATT et PADALKA installent les lampes frontales américaines sur les casques russes et ils configurent le système de télécommunications du module Pirs.

Toujours dans l'éventualité d'une séparation anticipée et télécommandée de Progress M-02M, ROMANENKO et PADALKA retirent les tuyaux qui passent par l'écoutille et la ferment hermétiquement.

Fig. 7 : Koichi WAKATA dans le module Kibo, 3 juin 2009.
Crédit : DR.

PADALKA et BARRATT réalisent une répétition de leur sortie le 3 juin. BARRATT commence par enlever les tuyaux qui passent par l'écoutille reliant le PKhO de Zvezda au module Pirs, afin de faire de la place.

Les cosmonautes enfilent ensuite leurs scaphandres Orlan-MK et effectuent des tests d'étanchéité. L'un des deux incorpore plusieurs éléments américains : les lampes de casque EHIP (et leurs batteries), le chargeur de batterie REBA, le câble EPH et une caméra ERCA.

Fig. 8 : Koichi WAKATA avec les deux scaphandres Orlan-MK dans le module Pirs, 4 juin 2009.
Crédit : DR.

L'objectif de la sortie est de préparer Zvezda à l'arrivée du nouveau module MIM-2 prévue pour le mois de novembre 2009. Les cosmonautes devront installer sur le compartiment de transfert (PKhO) différents éléments du système d'amarrage automatique Kours-P, qui permettra au MIM-2 de rejoindre la station en se repérant sur des signaux radars.

Fig. 9 : Emplacement des différentes antennes que
PADALKA et BARRATT vont devoir installer.
Crédit : DR.

Guennadi PADALKA (Orlan-MK n°5) et Michael BARRATT (Orlan-MK n°6) débutent la première sortie dans l'espace le 5 juin 2009 à 07h52 GMT. Il s'agit de la 28ème sortie effectuée depuis le segment russe de la station internationale (VKD-22). C'est aussi la première utilisation des scaphandres modernisés Orlan-MK.

Pendant la sortie, le PKhO est maintenu fermé, de manière à pouvoir servir de sas de secours en cas de disfonctionnement sur Pirs. La station est donc coupée en deux : WAKATA est confiné dans le module Zvezda pour qu'il garde accès au vaisseau Soyouz TMA-14.

Les cosmonautes sortent avec plus d'une heure de retard, car le scaphandre de BARRATT indiquait un niveau anormalement haut de dioxyde de carbone.

Fig. 10 : PADALKA et BARRATT sur le PKhO de Zvezda, 5 juin 2009.
Crédit : DR.

BARRATT sort en premier. PADALKA lui passe les antennes 4AO-VKA, AR-VKA et 2AR-VKA, puis il sort à son tour. Les deux hommes se dirigent vers le PKhO de Zvezda et commencent à installer les adaptateurs pour les antennes AR-VKA et 2AR-VKA. Ils montent ensuite les antennes elles-mêmes.

Ils doivent aussi tirer des câbles pour connecter ces antennes à la station, et ils prennent des photos de leurs travaux.

Fig. 11 : PADALKA vu de la caméra frontale de BARRATT, 5 juin 2009.
Crédit : DR.

Ils se déplacent ensuite vers la zone d'installation de l'antenne 4AO-VKA et réalisent la même manœuvre. L'emplacement pour installer la 4AO-VKA avait été déterminé grâce à la sortie que VOLKOV et KONONIENKO (MKS-17) avaient réalisée le 15 juillet 2008.

Quand l'installation est terminée, PADALKA part prendre les commandes du mât GStM-2. BARRATT, quant à lui, s'arrime au bras, ce qui lui permet de s'éloigner du PKhO et de prendre des photos des nouvelles antennes, ainsi que de la cible installée lors de la sortie du 15 juillet 2008 en se plaçant dans l'axe où Poïsk arrivera.

Fig. 12 : PADALKA aux commandes du GStM-2, sur lequel est accroché BARRATT, 5 juin 2009.
Crédit : DR.

Après cela, PADALKA rétracte le GStM-2 et les deux cosmonautes rentrent dans le sas du module Pirs à 12h46 GMT. La sortie aura duré 4h54.

Fig. 13 : La vue de BARRATT depuis le GStM-2, 5 juin 2009.
Crédit : DR.

Après avoir réintégré la station, PADALKA est aidé par ROMANENKO pour rebrancher les canalisations qui passent par l'écoutille entre Pirs et Zvezda. Les deux cosmonautes russes se chargent également de reconnecter le système de communications de Pirs.

Le lendemain (6 juin), PADALKA et BARRATT démontent les équipements américains qui avaient été installés sur le Orlan-MK n°6, et ils préparent les deux combinaisons pour leur séchage. Le 7 juin, ils commencent à préparer la deuxième sortie, qui aura lieu dans trois jours. Ils mettent notamment en charge les batteries 825M3. Le 8 juin, ils configurent les scaphandres Orlan-MK, branchent leurs batteries et leurs filtres.

3. La seconde sortie dans l'Espace

La deuxième sortie n'en est en fait pas vraiment une, puisque les cosmonautes vont rester à l'intérieur de la station. L'objectif de l'opération est d'installer un capot conique sur la pièce d'amarrage (+Y) afin qu'elle puisse accueillir le module Poïsk.

Le 8 juin 2001, les cosmonautes Youri OUSSATCHIOV et James VOSS (MKS-2) avaient réalisé une opération similaire pour préparer l'arrivée du module Pirs.

Fig. 14 : Schéma des travaux à effectuer lors de la sortie du 10 juin 2009.
Crédit : DR.

Les cosmonautes PADALKA (Orlan-MK n°5) et BARRATT (Orlan-MK n°6) entament la sortie VKD-23 le 10 juin 2009. Comme ils vont rester à l'intérieur, les scaphandres sont simplement connectés au système de survie de la station, et ne sont donc pas équipés du sac à dos.

A 06h55 GMT, quand le PKhO de Zvezda est complètement dépressurisé, ils démontent le capot plat de la pièce d'amarrage +Y et le stockent sur la pièce -Y, celle où est amarré le module Pirs. Ils démontent ensuite le capot conique qui relie Zvezda à Zaria (pièce -X), et à 07h07 GMT ils l'installent sur la pièce +Y.

L'opération a duré au total seulement 12 minutes, et le PKhO est repressurisé. Quelques instants plus tard, la protection thermique du capot plat qui a été démonté de la pièce +Y commence à s'effriter (elle a été exposée au milieu spatial pendant neuf ans !). Les cosmonautes, équipés de gants et de masques, récupèrent les particules en suspension.

4. Déplacement de Soyouz TMA-14

Le lendemain de la deuxième sortie, c'est à dire le 11 juin 2009, ROMANENKO remet le vaisseau Progress M-02M en configuration nominale, notamment en ouvrant l'écoutille.

Le prochain événement est l'arrivée de la navette spatiale américaine Endeavour STS-127, qui doit décoller dans deux jours, le 13 juin. Koichi WAKATA prépare les scaphandres EMU qui serviront aux astronautes de la navette pour leurs cinq sorties dans l'Espace. Il recharge les batteries des scaphandres, mais aussi des lampes frontales.

Fig. 15 : Le vaisseau Soyouz TMA-15, vu depuis le module Pirs, 10 juin 2009.
Au fond, on distingue les modules Kibo (à gauche) et Quest (à droite).

Crédit : DR.

Dans le laboratoire Destiny, un problème survient avec le système de génération d'oxygène OGS le 12 juin. Les capteurs indiquent en effet une pression partielle en dioxygène proche de 21psi, ce qui n'est pas autorisé par les règlements. L'OGS est arrêté jusqu'à nouvel ordre.

Le 13 juin, Endeavour ne décolle pas. Un problème survenu lors du remplissage en hydrogène du réservoir externe repousse le départ au 11 juillet.

Quatre jours après cette tentative ratée, le 17 juin, Guennadi PADALKA passe près de deux heures a remplacé l'ordinateur TVM-1 par un nouvel exemplaire. Une précédente réparation avait échoué le 16 avril, mais cette fois-ci tout se passe bien (le nouveau TVM-1 est redémarré avec succès le 18 juin).

Le vaisseau Progress M-02M doit bientôt se séparer du module Pirs, et le 28 juin PADALKA et ROMANENKO installent le système d'amarrage StM.

Fig. 16 : Frank DE WINNE avec l'expérience SLAMMD dans le module Columbus, 29 juin 2009.
Crédit : DR.

Le 29 juin, ROMANENKO photographie le capot qui avait été démonté lors de la sortie dans l'Espace du 10 juin. Ce même jour, l'ordinateur TVM-2 tombe en panne. Progress M-02M quitte le module Pirs le 30 juin 2009 à 18h29 GMT.

La prochaine opération importante est le déplacement du vaisseau Soyouz TMA-14. Il est amarré au module Zvezda depuis le 28 mars 2009, et il va rejoindre le module Pirs, libéré depuis hier, afin de laisser sa place au vaisseau Progress M-67. Il est en effet préférable que les Progress soient sur Zvezda afin de faciliter les rehausses d'orbite.

Le 1er juillet, le TsUP réalise des essais sur le vaisseau, avec Guennadi PADALKA aux commandes. Les moteurs sont allumés brièvement pour vérifier leur bon fonctionnement.

Le lendemain, dès leur réveil, les cosmonautes préparent le déplacement. Ils ferment les volets de protection des différents hublots, ils éteignent l'instrument de radioamateur, configurent le système de communications de Soyouz TMA-14 et allument les différents systèmes du vaisseau.

PADALKA, BARRATT et WAKATA embarquent à 17h00 GMT et ferment l'écoutille à 17h35 GMT. Ils passent ensuite une heure à contrôler l'étanchéité du vestibule et des canalisations reliant le vaisseau à Zvezda.

Fig. 17 : L'ombre de Soyouz TMA-14 sur un panneau solaire, 2 juillet 2009.
Crédit : DR.

Soyouz TMA-14 se sépare de Zvezda le 2 juillet 2009 à 21h29 GMT. Guennadi PADALKA le fait ensuite reculer d'environ 30m et s'arrête. Il le déplace ensuite vers le module Pirs, et se place en face de la pièce d'amarrage.

Quand il est correctement aligné, il entame l'approche. L'amarrage a lieu à 21h55 GMT. Le vol autonome aura duré 26 minutes.

Quatre jours après ce transfert, le 6 juillet, le système de mesure de vitesse angulaire GIVUS tombe en panne. C'est lui qui, au moyen de quatre gyroscopes, fournit les informations angulaires au système de navigation.

Afin de compenser la perte du GIVUS, le centre de Houston a mis en marche le système américain RGA-1 et a autorisé le RGA-2 a prendre le relai en cas de problème (celui-ci fonctionne en mode dégradé). De plus, le TsUP a lancé le système ORT, qui a une précision inférieure au GIVUS. Le vaisseau Progress M-67 apportera un GIVUS de rechange.

Le 9 juillet, le JSC détecte plusieurs pics de courants (plus de 0,75A) dans le système de poursuite du Soleil (BGA) de l'une des ailes solaires bâbord (le BGA-2B). Le BGA est donc bloqué à 163,9° et la puissance disponible va diminuer.

Lors des précédentes sorties dans l'Espace, PADALKA et BARRATT avaient installé les éléments du système de rendez-vous Kours-P, qui servira lors de l'amarrage du module Poïsk dans quelques mois, puis pour tous les vaisseaux Soyouz et Progress qui viendront s'amarrer à ce module.

Afin de tester le nouveau système, le vaisseau Progress M-02M réalise le 12 juillet 2009 une approche de la station par le « dessus». Il s'était séparé de Zvezda le 30 juin (cf. plus haut) et était en vol autonome depuis cette date.

Fig. 18 : La station vue par Progress M-02M lors de l'approche du 12 juillet 2009.
Crédit : DR.

Le vaisseau part d'une distance d'environ 200km, similaire à ce qui se passe lors d'un amarrage réel, puis s'arrête à environ 150m de Zvezda. De là, il entame son approche finale. Ensuite, à 17h04 GMT, il s'approche jusqu'à 17m, puis une commande d'annulation est envoyée et il bât en retraite.

Le 14 juillet, le centre de contrôle de Houston remet le BGA 2B en mode Autotrack.

5. Arrivée d'Endeavour STS-127

La navette spatiale américaine Endeavour STS-127 (vol 2J/A) décolle finalement lors de sa sixième tentative le 15 juillet 2009 à 22h03 GMT.

L'équipage est constitué du commandant Mark POLANSKY, du pilote Doug HURLEY et des spécialistes de mission David WOLF, Christopher CASSIDY, Julie PAYETTE (Canada), Thomas MARSHBURN et Timothy KOPRA. Ce dernier restera à bord de la station en remplacement de Koichi WAKATA.

Fig. 19 : Décollage d'Endeavour STS-127, 15 juillet 2009.
Crédit : DR.

L'objectif principal de la mission d'Endeavour est d'ajouter le dernier élément du module japonais Kibo : la plate-forme EF. Les astronautes apportent également une plate-forme ICC-VLD chargée d'une grosse quantité de matériel de rechange qui permettront à la station de parer à de nombreuses pannes après le retrait des navettes, en 2011.

Le 16 juillet, BARRATT assiste le JSC dans l'opération de pressurisation du PMA-2, auquel Endeavour va s'amarrer. La jonction a lieu le 17 juillet 2009 à 17h47 GMT. Lors de sa phase finale d'approche, la navette a réalisé la manœuvre de RPM qui a permis à PADALKA et BARRATT de photographier sa protection thermique.

Fig. 20 : Endeavour amarrée au PMA-2, 18 juillet 2009.
De gauche à droite, les modules Kibo, Harmony et Destiny.
Crédit : DR.

Peu après l'ouverture des écoutilles, Timothy KOPRA installe sa couchette Kazbek-UM dans le vaisseau Soyouz TMA-14, à la place de celle de WAKATA. Il est donc maintenant officiellement membre de l'équipage MKS-20.

Le 18 juillet, à 15h05 GMT, le bras Canadarm2 saisit la JEM-EF dans la soute, en vue de sa prochaine extraction. Les astronautes David WOLF et Timothy KOPRA commencent la première sortie dans l'Espace le 18 juillet 2009 à 16h19 GMT.

Dès le début, les deux hommes se séparent. KOPRA se dirige vers la soute d'Endeavour afin de travailler sur la JEM-EF. Il doit ôter des protections thermiques sur la partie passive de la pièce d'amarrage EFBM, afin de permettre la liaison. Pendant ce temps, WOLF réalise la même opération sur la partie active de l'EFBM, qui se trouve sur le module pressurisé du laboratoire Kibo (JPM).

Chaque protection thermique est retenue par quatre attaches. KOPRA les démonte et stocke la protection. WOLF les démonte, mais il jette la protection dans le vide. Ces protections étaient nécessaires pour isoler thermiquement les mécanismes d'amarrage, mais ils doivent être enlevés pour permettre la liaison.

Quand il a terminé, KOPRA démonte des câbles LTA (Launch to Activation) qui relient la JEM-EF à la soute de la navette. Ces câbles étaient nécessaires durant les premiers jours de la mission pour fournir de l'électricité à la plate-forme japonaise, sans laquelle elle n'aurait pas pu réguler sa température. Après cela, il va enlever d'autres câbles LTA qui relient la soute à la plate-forme ICC-VLD, qui sera déplacée plus tard dans la mission.

WOLF, quant à lui, est toujours sur le JPM. Il déplace deux attaches qui étaient dans le champ de vision de l'une des caméras qui permettent de manœuvrer le bras robotisé JEMRMS.

Le Canadarm2 soulève la JEM-EF à 17h59 GMT et la passe au bras de la navette à 18h30 GMT.

Pendant le transfert, WOLF va sur le P1 pour retirer quatre boulons retenant le réservoir d'ammoniac ATA (Ammonia Tank Assembly) qui sera ultérieurement ramené sur Terre. Dans la soute, KOPRA enlève la protection thermique de l'expérience MAXI, qui se trouve sur l'ICC-VLD.

Fig. 21 : Tim KOPRA travaille dans la soute sur l'expérience MAXI.
En arrière plan, le Canadarm2 (à gauche) transmet la JEM-EF au RMS. 18 juillet 2009.
Crédit : DR.

Ensuite, KOPRA monte sur le module Harmony (au-dessus), puis sur Unity (bâbord). Il enlève les protections thermiques sur les hublots du CBCS. En effet, ces pièces d'amarrage seront bientôt utilisées et les systèmes d'amarrage doivent donc être opérationnels. Unity va recevoir le PMA-3 et Harmony est le point d'attache de secours du vaisseau HTV.

WOLF travaille sur le chariot CETA1, qui se trouve à bâbord, sur le P1. Il enlève un cale-pieds et d'autres dispositifs qui pourraient gêner la rotation du SARJ.

Les deux astronautes se rejoignent ensuite sur le P3 pour travailler sur la structure UCCAS du dessous. Lors de la précédente mission de la navette, STS-119, il n'avait pas été possible de la déployer complètement.

Fig. 22 : Schéma de l'UCCAS.
Crédit : DR.

Cette fois, WOLF et KOPRA y parviennent. En revanche, pour des raisons d'emploi du temps, le déploiement du PAS, une autre structure quasiment identique à l'UCCAS, est reporté.

Pendant ce temps, le ballet des bras robotisés continue. La JEM-EF est toujours aux main du RMS d'Endeavour, et le Canadarm2 quitte le module Harmony où il était précédemment attaché pour aller s'accrocher à la MBS (PDGF3). Celle-ci se déplace alors jusqu'à l'emplacement WS6. De là, le Canadarm2 reprend la JEM-EF.

Fig. 23 : La JEM-EF tenue par le RMS d'Endeavour.
A droite, le Canadarm2, fixé à la MBS, se tient prêt à le saisir à nouveau. 18 juillet 2009.
Crédit : DR.

WOLF et KOPRA n'attendent pas la fin de la capture pour rentrer dans le sas de Quest, et la sortie se termine à 21h51 GMT. La JEM-EF est rattachée avec succès au JPM à 23h29 GMT.

Le lendemain, 19 juillet, à 13h47 GMT, le bras d'Endeavour capture l'ICC-VLD dans la soute et reste dans une position d'attente. L'ICC-VLD est une plate-forme de stockage d'éléments qui sera déchargée lors de la prochaine sortie dans l'Espace, puis chargée de matériel usagé et ramenée sur Terre.

Fig. 24 : L'ICC-VLD au bout du bras RMS, 19 juillet 2009.
Au premier plan : la JEM-EF fraîchement installée au bout du JPM.
Crédit : DR.

Elle a une masse totale au lancement de 3778kg. Elle contient six batteries de rechange pour le P6, l'antenne SGANT, le système de pompe PMA et le système de motorisation LDU.

Durant ces opérations, les toilettes américaines de la station sont tombées en panne. C'est un réel problème, car les treize personnes présentes à bord n'ont plus que les toilettes de Zvezda. Celles de la navette ne peuvent en effet être utilisées, car les déchets qu'elles éjecteraient iraient droit sur la plate-forme JEM-EF nouvellement installée.

Fig. 25 : Schéma des deux faces de  l'ICC-VLD dans la configuration de lancement.
Il héberge les six batteries du P6, l'antenne SGANT et les systèmes PMA et LDU.
Crédit : DR.

Le bras Canadarm2 de la station saisit l'ICC-VLD et le dépose sur la MBS (attache POA), près de la plate-forme ESP-3, qui est installée sur le segment P3, du côté bâbord de l'ITS. Le problème avec les toilettes est réglé peu de temps après.

WOLF et MARSHBURN commencent la deuxième sortie dans l'Espace de STS-127 le 20 juillet 2009 à 15h27 GMT. MARSHBURN va sur la plate-forme ESP-2 (près du sas) chercher une poignée qu'il attache sur le réservoir d'azote ATA du segment P1. Les astronautes de la prochaine mission, STS-128, devront démonter ce réservoir, et la poignée leur sera d'une grande aide.

Fig. 26 : David WOLF lors de la deuxième sortie, 20 juillet 2009.
Crédit : DR.

Pendant ce temps, WOLF part attacher un cale-pieds APFR sur l'extrémité du bras Canadarm2. Cela lui permet de se fixer sur le bras, qui l'emmène vers l'ICC-VLD. Là, il commence par récupérer l'antenne SGANT de rechange. La SGANT est fixée sur le Z1, elle sert à relayer les communications en bande Ku entre la station et les satellites relai TDRS.

Fig. 27 : David WOLF au bout du Canadarm2.
Il tient la SGANT et s'approche de l'ESP-3. 20 juillet 2009.
Crédit : DR.

Pendant que WOLF attache l'antenne sur l'ESP-3, MARSHBURN commence à dévisser les boulons qui maintiennent les deux autres dispositifs. Quand WOLF à terminé avec la SGANT, il revient chercher le système PMA (Pump Module Assembly) de rechange.

Fig. 28 : WOLF installe le PMA sur l'ESP-3, 20 juillet 2009.
Crédit : DR.

Il s'agit d'un ensemble de pompes qui permettent de faire circuler l'ammoniac dans les canalisations du système de régulation thermique ATCS. WOLF et MARSHBURN vont installer le PMA sur l'ESP-3 et reviennent cherche le LDU.

C'est le système qui permet au transporteur mobile (MT) du Canadarm2 de se déplacer le long du rail de la poutre centrale. WOLF et MARSHBURN fixent le LDU de rechange sur l'ESP-3. Ensuite, WOLF démonte l'APFR du Canadarm2 et MARSHBURN fixent des protection thermiques sur des câbles du système SSPTS, qui permet de transférer de la puissance électrique de la station vers la navette.

Fig. 29 : WOLF s'apprête à saisir le LDU sur l'ICC-VLD, 20 juillet 2009.
Crédit : DR.

Il n'a le temps d'installer que deux des quatre protections, et ensuite les deux astronautes rentrent dans le sas du module Quest. La sortie se termine à 22h20 GMT, elle a duré 6h53.

Le 21 juillet 2009, à 12h33 GMT, le bras de la navette saisit la plate-forme japonaise JLE (Japanese Logistics Module - Exposed Section) dans la soute et la passe au bras Canadarm2, qui la fixe ensuite sur la JEF à 14h03 GMT.

Fig. 30 : Le Canadarm2 s'apprête à installer la JLE sur la JEF, 21 juillet 2009.
Crédit : DR.

Plus tard, à 15h53 GMT, le Canadarm2 récupère l'ICC-VLD et reste dans une position d'attente.

Les astronautes David WOLF et Christopher CASSIDY débutent la troisième sortie dans l'Espace de STS-127 le 22 juillet 2009 à 14h32 GMT.

Tout d'abord, CASSIDY va enlever des couvertures thermiques sur des expériences scientifiques de la palette JLE, qui a été mise en place la veille. Pendant ce temps, WOLF va déplacer un des dispositifs WIF (Worksite Interface Fixture) d'Harmony vers Columbus, car il risquerait de gêner l'amarrage du vaisseau HTV plus tard cette année. Il en profite également pour installer les deux protections thermiques sur le SSPTS que MARSHBURN n'avait pas eu le temps de fixer lors de la sortie précédente.

Fig. 31 : Chris CASSIDY travaille sur la JLE, 22 juillet 2009.
Crédit : DR.

Ensuite, les astronautes vont se livrer à la principale activité de la sortie : remplacer quatre batteries du segment P6.

Il y a douze batteries sur le P6, six par aile solaire. Les batteries 2B1A, 2B1B, 2B2A, 2B2B, 2B3A et 2B3B stockent l'électricité de l'aile 2B, et les batteries 4B1A, 4B1B, 4B2A, 4B2B, 4B3A et 4B3B font de même pour l'aile 4B.

Chacune de ces batteries a une durée de vie de six ans et demi. Or, le P6 a été amené en orbite en novembre 2000 lors de la mission STS-97, et elles ont donc largement dépassé leur date de péremption.

Les six batteries de l'aile 2B vont être remplacées lors de cette mission, et celles de l'aile 4B seront remplacées lors de STS-132. Déjà, lors de STS-119, les astronautes avaient vérifié que les batteries se démontaient sans problème. Les nouvelles batteries sont repérées par les lettres A à F, les anciennes par les chiffres 1 à 6. Elles vont être échangées deux à deux selon l'ordre suivant :

Anciennes batteries Nouvelles batteries
1 A
2 D
3 C
4 B
5 E
6 F
Tab. 6 : Ordre de remplacement des batteries du P6 lors de STS-127.

CASSIDY retourne d'abord dans le sas pour recharger ses réserves d'oxygène. Les deux hommes se dirigent ensuite vers le P6. Pendant ce temps, Julie PAYETTE manœuvre le Canadarm2 pour amener l'ICC-VLD le plus près possible du lieu de travail. C'est sur l'ICC-VLD que se trouvent les batteries de rechange, et c'est aussi lui qui accueillera les batteries usagées.

CASSIDY et WOLF doivent d'abord aller sur l'ICC-VLD pour retirer la protection thermique de la première batterie. Ensuite, WOLF installe une poignée, saisit la batterie et la passe à CASSIDY qui l'installe sur le P6.

Fig. 32 : CASSIDY devant les batteries du P6, 22 juillet 2009.
Crédit : DR.

WOLF démonte alors une deuxième batterie, et de la même manière la passe à CASSIDY, qui va l'installer et en démonte une troisième. Mais malheureusement, un incident technique les empêche de continuer le remplacement des deux autres batteries. Une cartouche LiOH du scaphandre de CASSIDY rencontre en effet une défaillance. Ces cartouches permettent de contrôler le niveau de dioxyde de carbone. Pour ne prendre aucun risque, Houston ordonne à CASSIDY de rentrer.

Ils rentrent dans le sas et la sortie se termine à 20h31 GMT. Elle a duré 5h59. Sur le P6, il y a donc trois batteries : deux nouvelles et une ancienne.

Le 23 juillet, le bras robotique japonais JEMRMS est utilisé pour la première fois. Il sert à transférer trois expériences (MAXI, SEDA-AP et ICS-EF) de la JEM-EF vers la JLE.

Les astronautes Chris CASSIDY et Thomas MARSHBURN commencent la quatrième sortie dans l'Espace le 24 juillet 2009 à 13h54 GMT. Ce même jour, le nouveau vaisseau de ravitaillement Progress M-67 est lancé de Baïkonour.

CASSIDY et MARSHBURN se dirigent immédiatement vers le P6. Ils vont devoir remplacer les quatre batteries restant (deux qui étaient prévues au programme, et les deux qui n'ont pu être remplacé lors de la sortie précédente).

Quand ils arrivent sur le P6, ils trouvent l'ICC-VLD maintenue à proximité par le Canadarm2. Ils commencent par installer la batterie C à la place de la n°3, qui avait déjà été démontée.

Fig. 33 : Sur cette image, on voit bien l'ICC-VLD (à gauche), le P6 (à droite) et
Tom MARSHBURN saisissant une batterie pour la transférer de l'un à l'autre. 24 juillet 2009.

Crédit : DR.

Ensuite, ils enlèvent la n°2, mettent la D à la place. Puis ils enlèvent la n°5 et mettent la remplacent par la E. Ils remplacent ensuite la n°6 par la F, et le tour est joué. Le Canadarm2 repasse alors l'ICC-VLD au SRMS, qui le repose dans la soute d'Endeavour.

Le taux de dioxyde de carbone se remet à monter dans le scaphandre de CASSIDY, ce qui met fin à la sortie. Les astronautes rentrent dans le sas et la sortie se termine officiellement à 21h07 GMT. Elle a quand même duré 7h12 !

Le TsUP allume brièvement les petits moteurs de Zvezda le 25 juillet 2009 à 09h26 GMT pour en vérifier le bon fonctionnement. Dans le module Destiny, le système CDRA d'élimination du dioxyde de carbone tombe en panne. Sa température a augmenté et un module de contrôle RPCM l'a automatiquement déconnecté.

Le 26 juillet, le Canadarm2 récupère la JLE, la repasse au SRMS d'Endeavour qui va le reposer dans la soute.

Fig. 34 : Le Canadarm2 saisit la JLE, 26 juillet 2009.
Crédit : DR.

CASSIDY et MARSHBURN enfilent une dernière fois leurs scaphandres EMU le 27 juillet 2009 pour la cinquième et dernière sortie de STS-127, qui débute à 11h33 GMT.

Tom MARSHBURN commence par se diriger vers le module Destiny, où l'attend le Dextre. Il doit remettre en place deux protections thermiques sur l'un des OTCM du robot (ses « poignets »). Cette tâche ne lui prend pas beaucoup de temps, et il peut rapidement se diriger vers le module Kibo, où l'attend sa prochaine activité.

Fig. 35 : MARSHBURN avec le Dextre, 27 juillet 2009.
Crédit : DR.

Pendant ce temps, CASSIDY travaille sur le Z1. Il doit inverser deux connecteurs afin d'apporter une seconde alimentation électrique (redondante) au gyroscope CMG-2. Quand il a terminé, il rejoint MARSHBURN sur la JEM-EF.

Fig. 36 : MARSHBURN et CASSIDY sur la JEM-EF, 27 juillet 2009.
Crédit : DR.

Là-bas, les deux hommes se lancent dans l'installation de deux caméras vidéos (JEF Vision Equipment). Ils devaient ensuite déployer la structure PAS sur le S3, mais ils n'ont plus le temps et réalisent à la place des petites tâches diversifiées. Le PAS du S3 sera finalement déployé en septembre 2009 lors de STS-128.

Ils installent une poignée et un cale-pieds sur le module JPM, un nouveau dispositif WIF sur le module Harmony, un câble sur Destiny et des cale-pieds sur le P1 (pour faciliter le travail aux astronautes de la prochaine mission, STS-128, quand ils démonteront le réservoir ATA).

Ensuite, les deux astronautes rentrent dans le sas. La sortie se termine à 16h19 GMT, elle a duré 4h46. Plus tard, le système CDRA est redémarré avec succès.

La navette Endeavour se sépare du PMA-2 le lendemain, 28 juillet 2009, à 17h26 GMT. Les six cosmonautes de la mission MKS-20 sont à nouveaux seuls à bord.

6. Arrivée de Progress M-67

Peu après le départ d'Endeavour STS-127, Guennadi PADALKA et Roman ROMANENKO s'exercent sur le système d'amarrage manuel TORU. Pas le temps de chômer en effet, car le vaisseau Progress M-67 arrive dès le lendemain.

Il s'amarre au module Zvezda le 29 juillet 2009 à 11h12 GMT. Et PADALKA a eu raison de s'entraîner, car le système Kours tombe en panne et c'est lui qui doit réaliser l'amarrage en manuel.

Le 31 juillet, Michael BARRATT installe la caméra vidéo CBCS (Centerline Berthing Camera System) sur le port d'amarrage bâbord de Unity, en prévision du prochain déplacement du PMA-3 à cet emplacement.

Les moteurs de Progress M-67 sont allumés le 1er août 2009 (dt=438", dV=1,27m/s, dh=2,2km). Le 3 juillet, PADALKA démonte le GIVUS en panne et installe le nouveau que Progress M-67 a apporté.

Fig. 37 : Tim KOPRA coupe les cheveux du Belge Frank DE WINNE, 9 août 2009.
Crédit : DR.

Le 7 août 2009, KOPRA, DE WINNE et THIRSK réalisent le déplacement du PMA-3 du port d'amarrage nadir de Unity vers le port d'amarrage bâbord. Ce positionnement n'est que temporaire : les astronautes doivent reconfigurer le port bâbord pour l'arrivée prochaine du nouveau module Tranquility, et pour ce faire ils doivent travailler dans un environnement pressurisé, ce que permet le PMA-3.

7. Arrivée de Discovery STS-128

La navette spatiale américaine Discovery STS-128 décolle de Cap Canaveral le 29 août 2009 à 04h00 GMT. Ce vol d'assemblage 17A va permettre d'apporter plusieurs tonnes de matériel  la station internationale. La soute contient principalement le module MPLM Leonardo.

Fig. 38 : Décollage de Discovery, 29 août 2009.
Crédit : DR.

L'équipage est composé du commandant Frederick STURCKOW, du pilote Kevin FORD et des spécialistes de mission Patrick FORRESTER, Jose HERNANDEZ, Christer FUGLESANG (ESA, Suède), Danny OLIVAS et Nicole STOTT. Cette dernière restera sur la station en remplacement de Timothy KOPRA.

Fig. 39 : Discovery approche de la station, 31 août 2009.
Le MPLM Leonardo est bien visible dans la soute.
Crédit : DR.

Discovery s'amarre au PMA-2 le 31 août 2009 à 00h54 GMT. Plus tard, Robert THIRSK met en marche le système d'amarrage CBCS (Centerline Berthing Camera) dans le module Harmony, car c'est là que le MPLM va être arrimé.

BARRATT et FORD pilotent ensuite le bras Canadarm2 pour saisir Leonardo dans la soute de la navette et ils l'amènent jusque sur Harmony. La jonction a lieu le 31 août à 20h10 GMT. Le lendemain, le vestibule est pressurisé et l'équipage peut pénétrer à l'intérieur du MPLM.

Fig. 40 : Leonardo amarré à Harmony, 31 août 2009.
On voit également les modules Columbus (droite), Kibo (gauche) et Destiny (haut).
Crédit : DR.

Les astronautes OLIVAS et STOTT débutent la première sortie dans l'Espace de la mission STS-128 le 1er septembre 2009 à 21h49 GMT. L'objectif principal est de démonter le réservoir d'ammoniac ATA (Ammonia Tank Assembly) du segment P1 de la structure ITS.

Les deux astronautes se dirigent donc immédiatement vers le côté bâbord de la station, et gagnent le P1. Ils doivent d'abord déconnecter les deux canalisations d'ammoniac, ainsi que deux canalisations d'azote (qui sert à la pressurisation du réservoir) et deux lignes électriques.

Ils rencontrent un petit problème avec une connexion femelle de type Quick Disconnect (la QD F174) qui ne se referme pas comme elle le devrait quand ils la débranchent du connecteur mâle QD M4. Il n'y a pas de conséquence immédiate pour le système de refroidissement, et les astronautes laissent le connecteur dans cette situation.

Ils dévissent ensuite les quatre boulons qui maintiennent l'ATA en place. Quand le réservoir vide est libéré, les deux astronautes le saisissent, chacun d'un côté, et le soulèvent, de manière à ce que le bras Canadarm2 puisse le saisir à son tour. Il restera dans cette position "suspendue" jusqu'à la prochaine sortie, et Nicole STOTT installe un cale-pieds APFR sur le Canadarm2.

Elle se positionne alors sur ce cale-pieds, et le bras - qui tient toujours l'ATA - l'emmène vers le module européen Columbus, où elle doit récupérer la palette d'expérience EuTEF. Pendant ce temps, OLIVAS va poser dans le sas les outils qu'ils ont utilisés pour démonter l'ATA. Il va ensuite rejoindre STOTT à l'extrémité de Columbus.

Fig. 41 : Nicole STOTT à l'extrémité du module Columbus, 1er septembre 2009.
Crédit : DR.

Ensemble, ils démontent le boulon qui maintient l'EuTEF en place, ils la saisissent et l'emmène dans la soute de Discovery, où ils l'arriment à la structure LMC.

STOTT descend alors du Canadarm2 et retourne avec OLIVAS sur Columbus, où ils doivent maintenant démonter les expériences MISSE 6A et 6B, qui avaient été installées lors de la mission STS-123, en 2008. Quand la première est libérée, STOTT l'emmène dans la soute de Discovery et la fixe sur le côté. OLIVAS démonte la seconde (avec difficultés) et l'emmène aussi dans la soute.

Le programme de la sortie est maintenant terminé, mais comme les deux astronautes sont en avance ils vont effectuer deux activités supplémentaires. Nicole STOTT va mettre en place un capuchon sur une caméra du Canadarm2 pour la protéger des jets des réacteurs du vaisseau japonais HTV, et OLIVAS va contrôler des connecteurs sur le PMA-3.

Mais finalement, STOTT ne parvient pas à installer son capuchon, et les deux astronautes rentrent dans le sas à 04h24 GMT (le 2 septembre). La sortie aura duré 6h35.

Le 2 septembre, BARRATT installe un nouveau Crew Quarter (le n°3) dans le module Kibo.

La deuxième sortie commence le 3 septembre 2009 à 22h11 GMT quand OLIVAS et le Suédois FUGLESANG sortent du sas du module Quest. Leur mission principale est de remplacer le réservoir ATA. Rappelons qu'à cet instant, l'ancien est suspendu sur le bras Canadarm2, tandis que le nouveau est sur la structure LMC, dans la soute de Discovery.

Fig. 42 : Emplacement du réservoir ATA sur le segment P1.
Crédit : DR.

En premier lieu, les deux astronautes se dirigent donc vers l'arrière de la soute. FUGLESANG s'installe sur le cale-pieds APFR du bras Canadarm2, et il aide ensuite OLIVAS à démonter les quatre boulons qui maintiennent le nouvel ATA sur la LMC.

Fig. 43 : Le nouveau réservoir ATA arrimé sur la LMC,
à l'arrière de la soute, 3 septembre 2009.

Crédit : DR.

Quand le le réservoir est libéré, FUGLESANG le saisit et, grâce au Canadarm2, il se dirige vers le segment P1. On rappelle qu'à ce moment, l'ancien ATA est toujours fixé au Canadarm2. Pendant le transfert, qui se déroule très lentement, OLIVAS se rend "à pieds" sur le P1, et commence à préparer les connecteurs à l'arrivée du nouveau réservoir.

Fig. 44 : Christer FUGLESANG sur le Canadarm2. Il tient le nouvel ATA,
tandis que l'ancien est attaché à l'extrémité du bras, 3 septembre 2009.

Crédit : DR.

Quand FUGLESANG arrive au P1, OLIVAS le guide et il met l'ATA en place. Les deux astronautes vissent alors les quatre boulons qui vont le tenir. OLIVAS s'occupe également de connecter deux câbles électriques ainsi que quatre canalisations.

Fig. 45 : OLIVAS connecte le nouvel ATA sur le P1, 3 septembre 2009.
Crédit : DR.

Ensuite, il faut ramener l'ancien ATA dans la soute. Actuellement, il est tenu par le Canadarm2. OLIVAS attache sur son scaphandre un câble qui le relie à l'ATA. Le bras peut alors le relâcher, et FUGLESANG le saisit et l'attache à son tour à son scaphandre. Quand il est sûr de l'avoir bien en main, OLIVAS peut alors détacher son câble.

Le bras emmène FUGLESANG jusque dans la soute, où OLIVAS se dirige également. Quand ils y arrivent, ils fixent l'ATA sur la LMC au moyen de quatre boulons, puis FUGLESANG se détache du Canadarm2.

Fig. 46 : FUGLESANG ramène l'ancien ATA dans la soute, 3 septembre 2009.
Crédit : DR.

Comme ils sont largement en avance sur l'horaire, Houston leur demande d'installer deux protections thermiques sur le Canadarm2, de déplacer un cale-pieds APFR et de déplacer un câble.

Ils terminent la sortie par une activité qui était à leur programme : installer une poignée FGB (Fixed Grapple Bar) sur le réservoir ATA du segment S1. Celui-ci sera démonté lors de la mission STS-131, et remplacé par celui qui est maintenant dans la soute de Discovery, et qui aura été rempli d'ici là.

OLIVAS doit également connecter un câble pour un radiateur du PMA-3. Ce compartiment doit en effet servir de lieu de stockage, et il est important de bien garantir l'élimination de la condensation à l'intérieur.

Mais à sa grande surprise, l'astronaute découvre que le cavalier sur lequel il doit connecter le câble n'a pas la forme qu'il devrait avoir ! Il ne peut donc pas accomplir sa mission, et finalement les deux hommes rentrent dans le sas.

Il est 04h51 GMT (le 4 septembre), la sortie a duré 6h39.

OLIVAS et FUGLESANG remettent le scaphandre le 5 septembre 2009 pour la troisième sortie de STS-128. Ils sortent du module Quest à 20h39 GMT. Leur première activité consiste à déployer la structure PAS (Payload Attach System) du segment S3. Cela aurait dû être fait lors de la mission STS-127, mais avait été reporté faute de temps.

Cette fois-ci, tout se passe convenablement, et les astronautes peuvent passer à l'activité suivante : remplacer le gyroscope RGA-2 (Rate Gyro Assembly) sur le S0, qui est en panne. Ils démontent les boulons du vieux RGA-2 et installent le nouveau.

Fig. 47 : Un gyroscope de type RGA.
Crédit : DR.

Pendant que OLIVAS termine l'installation et ramène l'ancien RGA dans le sas, FUGLESANG profite qu'il est sur le S0 pour remplacer un coupe-circuit RPCM défaillant. Quand il revient du sas, OLIVAS installe une antenne GPS (la n°2) sur le S0. FUGLESANG, après avoir terminé la mise en place du RPCM, installe l'antenne GPS n°4.

OLIVAS doit ensuite tirer deux câbles d'avionique (CH2/3 et CH1/4) de 18m chacun entre le module Unity et le segment S0. Ils seront utiles pour le nouveau Node, Tranquility, qui doit bientôt arriver. Quand FUGLESANG a terminé l'installation de son antenne GPS, il vient aider OLIVAS, mais même à deux ils ne parviennent pas à brancher l'un des connecteurs (J181) du CH1/4 (ce sont les astronautes de STS-129 qui y parviendront deux mois plus tard, lors de la sortie du 19 novembre 2009).

Ils passent alors à l'activité suivante : démonter une rampe sur le module Unity. Elle avait été installée là lors de la sortie du 8 décembre 1998, pendant la toute première mission de la navette vers la station internationale, STS-88.

Ils rentrent dans le sas à 03h40 GMT (le 6 septembre). La sortie a duré 7h01. Le 7 septembre, DE WINNE et FUGLESANG désactivent le MPLM, qui est ensuite remis dans la soute de Discovery.

Fig. 48 : Leonardo est ramené dans la soute de Discovery, 7 septembre 2009.
Crédit : DR.

Finalement, Discovery se sépare du PMA-2 le 8 septembre 2009 à 19h26 GMT. L'équipage de la station est maintenant constitué de PADALKA, BARRATT, STOTT, ROMANENKO, THIRSK et DE WINNE.

Le prochain grand événement qui les attend est l'arrivée du vaisseau japonais HTV.

8. Arrivée du HTV-1

Le premier vaisseau japonais de classe HTV (H-II Transfer Vehicle), le HTV-1, décolle du centre de Tanegashima le 10 septembre 2009 à 17h01 GMT, alors que la navette Discovery n'a même pas encore atterrit.

Fig. 49 : Décollage du vaisseau HTV-1, 10 septembre 2009.
Crédit : DR.

Le lanceur H-IIB, dont c'est également le vol inaugural, assure correctement la mise en orbite, et le vaisseau est activé à environ 17h40 GMT. Il doit arriver à la station dans une semaine, et d'ici là Michael BARRATT commence à charger les batteries des scaphandres américains EMU, au cas où tout ne se passerait pas comme prévu et où une sortie dans l'Espace serait nécessaire.

Le même jour, à bord du segment russe, l'un des trois ordinateurs terminaux TVM tombe en panne. Le 16 septembre, PADALKA, BARRATT et STOTT enfilent leurs scaphandres Sokol-KV-2 et testent leurs couchettes Kazbek-UM dans le vaisseau Soyouz TMA-14.

Fig. 50 : Le vaisseau HTV-1 approche de la station,
avec le Soyouz TMA-15 en premier plan, 17 septembre 2009.

Crédit : DR.

Le vaisseau HTV-1 est amarré au module Harmony le 17 septembre 2009 à 19h47 GMT. Il s'en est d'abord approché jusqu'à environ 10m, puis Nicole STOTT l'a agrippé avec le bras Canadarm2 et l'a amené jusqu'à la pièce d'amarrage nadir d'Harmony.

Les cosmonautes pénètrent dans le vaisseau le 18 septembre, et commencent immédiatement à transférer la cargaison. Ils installent dans le vaisseau des poignées, un extincteur et des masques à gaz, en cas de problème.

Le vaisseau Progress M-67 se sépare du module Zvezda le 21 septembre 2009 à 07h25 GMT. Il va réaliser un vol autonome de plusieurs jours dans le cadre de l'expérience Plazma-Progress.

9. Fin de la mission

Le 30 septembre 2009, le vaisseau Soyouz TMA-16 décolle de Baïkonour. A son bord se trouvent les cosmonautes SOURAÏEV et WILLIAMS, ainsi que le touriste canadien Guy LALIBERTÉ.

Ce dernier va rentrer sur Terre à bord de Soyouz TMA-14 en compagnie de PADALKA et BARRATT, mettant fin à l'expédition n°20. STOTT, ROMANENKO, DE WINNE et THIRSK vont rester à bord en compagnie de SOURAÏEV et WILLIAMS et formeront l'équipage n°21.

Soyouz TMA-16 s'amarre au module Zvezda le 2 octobre 2009. C'est la première fois que trois vaisseaux Soyouz sont réunis simultanément sur une station orbitale. On rappelle en effet qu'à ce moment, Soyouz TMA-14 est amarré à Pirs, et Soyouz TMA-15 à Zaria.

Trois heures après la jonction, les nouveaux occupants pénètrent dans la station. C'est la première fois que cette dernière compte neuf occupants sans navette amarrée. Ensuite, la couchette Kazbek-UM de LALIBERTÉ est transférée dans le Soyouz TMA-14. A cet instant, on considère que l'expédition 21 a commencé.

Fig. 51 : Les cosmonautes de Soyouz TMA-14, Soyouz TMA-15 et Soyouz TMA-16
réunis dans le module Zvezda, 5 octobre 2009.

Crédit : DR.

Le 7 octobre, PADALKA et BARRATT montent dans le Soyouz TMA-14 pour réaliser un essai des moteurs. Mais l'un des quatre moteurs DPO-B dirigés vers l'avant ne fonctionne pas. Ce n'est pas grave, étant donné qu'il n'est pas utilisé pour les manœuvres de rentrée.

Plus tard, PADALKA et BARRATT remontent dans le vaisseau en compagnie de LALIBERTÉpour réaliser une simulation de retour sur Terre.

Un nouvel essai des moteurs DPO-Best réalisé le 8 octobre, il semble que celui qui rencontrait des problèmes la veille fonctionne en fait correctement, et qu'il ne s'agisse en fait que d'un problème de capteurs.

Les cosmonautes se disent au revoir le 10 octobre. PADALKA, BARRATT et LALIBERTÉembarquent dans le Soyouz TMA-14 et ferment l'écoutille. Le vaisseau se sépare du module Pirsle 11 octobre 2009 à 01h07'16" GMT.

Trois minutes plus tard, les moteurs DPO-Bsont allumés pour éloigner le Soyouz de la station. Le moteur SKD est mis à feu à 03h40'43" GMT (dt=261", dV=115,3m/s), et le vaisseau amorce sa descente dans l'atmosphère. Les trois compartiments se séparent à 04h05 GMT, et le compartiment de descente (SA) se pose à 04h31'43" GMT au nord de la ville d'Arkalyk, au Kazakhstan.

Fig. 52 : Atterrissage de Soyouz TMA-14, 11 octobre 2009.
Crédit : DR.

Les trois cosmonautes se portent bien et sont extraits de leur vaisseau par les hommes des FPSU. Après une brève visite médicale, ils sont héliportés jusqu'à l'aéroport de Koustanaï. Là, ils participent à une cérémonie traditionnelle kazakhe, puis ils prennent l'avion jusqu'à Moscou. Ils atterrissent à l'aéroport du TsPK et sont examinés par les médecins.

Le vol de PADALKA et BARRATT aura duré 198 jours, 16 heures et 42 minutes.

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