MKS-18 | Chronologie

1. Lancement du vaisseau Soyouz TMA-13

Le 25ème lanceur Soyouz-FG (11A511U-FG n°Ш15000-026) décolle du pas de tir n°5 (17P32-5) de la zone n°1 du cosmodrome de Baïkonour le 12 octobre 2008 à 07h01'33,243" GMT.

Le vaisseau Soyouz TMA-13 (11F732A17 n°223) est placé avec succès sur une orbite basse (200,89km x 259,89km x 51,65°).

Fig. 1 : Décollage de Soyouz TMA-13.
Crédit : NASA.

Plusieurs manœuvres orbitales sont alors menées à bien pour rejoindre la station spatiale internationale. Les deux premières ont lieu le 12 octobre à 10h36 GMT et 11h28 GMT, la troisième le 13 octobre à 08h02 GMT et les deux dernières le 14 octobre à 06h26 GMT et 07h11 GMT.

Soyouz TMA-13 s'amarre au module Zaria le 14 octobre 2008 à 08h26 GMT. A ce moment, le module Pirs est occupé par le vaisseau Soyouz TMA-12, et le module Zvezda par le vaisseau Progress M-65.

Fig. 2 : Soyouz TMA-13 approche de la station, où se trouve déjà Soyouz TMA-12.
Crédit : NASA.

Les écoutilles sont ouvertes environ une heure et demie plus tard, et les cosmonautes se retrouvent. LONTCHAKOV, FINCKE et GARRIOTT embrassent VOLKOV, KONONIENKO et CHAMITOFF, puis l'ancien équipage donne quelques consignes de sécurité au nouveau.

Le 18 octobre, LONTCHAKOV doit procéder à quelques réparations dans le compartiment de descente (SA) de Soyouz TMA-13, car l'un des ventilateurs (V1) est défaillant. Le 24 octobre 2008, Soyouz TMA-12 se sépare de Pirs et rentre sur Terre. FINCKE, LONTCHAKOV et CHAMITOFF se retrouvent seuls à bord de la station.

2. Les premières semaines

Le vaisseau Progress M-65 est utilisé le 29 octobre 2008 à 01h13 GMT pour rehausser l'orbite de la station (dt=204,7", dh=1km).

Le 5 novembre, FINCKE et CHAMITOFF utilisent le bras robotisé Canadarm2 pour déplacer la plate-forme de stockage externe ESP-3. Elle avait été installée sur le segment P3 par l'équipage de STS-118 en août 2007, mais les astronautes de la prochaine mission (STS-126) en auront besoin, et elle doit être rapprochée de leur lieu de travail. A l'aide du Canadarm2, FINCKE la fixe sur la pièce d'arrimage de la MBS (MCAS, MBS Common Attachment System).

A partir du 5 novembre, Youri LONTCHAKOV se lance dans le remplacement du système Komparouss du module Zaria. Ce système de contrôle-commande est le lien entre Zaria et le TsUP.

Fig. 3 : LONTCHAKOV travaille sur le système Komparouss, le 5 novembre 2008.
Crédit : NASA.

Le 10 novembre, le TsUP commande la purge des canalisations d'ergols de Progress M-65. Ce vaisseau est séparé de Zvezda le 14 novembre 2008.

3. Arrivée de la navette Endeavour STS-126

La navette spatiale américaine Endeavour STS-126 décolle du Centre Spatial Kennedy, en Floride, le 15 novembre 2008 à 00h55 GMT.

L'équipage est constitué du commandant Chris FERGUSON, du pilote Eric BOE et des spécialistes de mission Donald PETTIT, Stephen BOWEN, Heidemarie STEFANYSHYN-PIPER, Robert KIMBROUGH et Sandra MAGNUS.

Fig. 4 : Décollage d'Endeavour STS-126, le 15 novembre 2008.
Crédit : NASA.

Donald PETTIT avait déjà séjourné plusieurs mois sur la station lorsqu'il était ingénieur de bord de l'équipage MKS-6. Sandra MAGNUS, quant à elle, remplacera Gregory CHAMITOFF au sein de MKS-18. La navette Endeavour emporte dans sa soute le module MPLM Leonardo, construit en Italie par Thales Alenia Space, qui effectue son cinquième vol. Il contient 12,45 tonnes de matériel destiné principalement à rendre la station capable d'accueillir un équipage permanent de six cosmonautes.

L'un des autres objectifs prioritaires de la mission sera de procéder aux réparations du système SARJ du segment S3, qui est tombé en panne en 2007. Le SARJ permet la rotation des ailes solaires afin de les garder constamment en direction du Soleil.

Fig. 5 : Endeavour approche de la station.
Leonardo est bien visible dans la soute.
Crédit : NASA.

Endeavour s'amarre au PMA-2 le 16 novembre 2008 à 22h01 GMT. Lors de sa phase d'approche, elle a effectué la manœuvre RPM qui a permis à l'équipage de la station de prendre des photos en haute résolution de la protection thermique de la navette.

Quelques instants plus tard, les deux équipages se retrouvent. La couchette Kazbek-UM de Gregory CHAMITOFF est démontée, et remplacée par celle de Sandra MAGNUS. Celle-ci est dès lors intégrée à l'équipage MKS-18.

Le MPLM est extrait de la soute d'Endeavour le lendemain de l'amarrage, le 17 novembre 2008, au moyen du bras Canadarm2 de la station manipulé par PETTIT et KIMBROUGH. Il est arrimé au module Harmony à 18h02 GMT.

Fig. 13 : Leonardo est transféré de la soute d'Endeavour vers Harmony.
Crédit : DR.

La première sortie dans l'Espace de STS-126 débute le 18 novembre 2008 à 18h09 GMT quand Heidemarie STEFANYSHYN-PIPER et Stephen BOWEN quittent le sas du module Quest.

STEFANYSHYN-PIPER s'attache au bras Canadarm2 qui l'emmène sur la plate-forme ESP-3. Là, elle récupère un vieux réservoir d'azote (NTA) laissé par les astronautes de STS-124 le 8 juin 2008. Aidé par BOWEN, l'astronaute américaine saisit le NTA et le porte jusqu'à la soute d'Endeavour.

Fig. 14 : STEFANYSHYN-PIPER avec le NTA sur le Canadarm2, 18 novembre 2008.
Crédit : DR.

Pendant le transfert, BOWEN travaille sur le module Harmony, à proximité de la pièce d'amarrage qui le relie à Endeavour (CBM). Il est chargé de démonter une caméra vidéo et de refermer un clapet sur l'un des hublots du module.

Quand il a terminé, il va aider sa collègue à fixer le NTA sur la structure de stockage LMC. Celle-ci, placée à l'arrière de la soute, permet d'accrocher des charges relativement encombrantes. Lors du décollage, il servait à stocker le dispositif FHRC, et à l'atterrissage il va ramener le NTA.

Fig. 15 : Schémas de la structure LMC en configuration de lancement (à gauche)
et en configuration d'atterrissage (à droite).

Crédit : DR.

Les deux astronautes rencontrent quelques problèmes pour arrimer le réservoir, mais ils finissent par y parvenir, et commencent alors à détacher le FHRC (Flex Hose Rotary Coupler).

Fig. 16 : STEFANYSHYN-PIPER arrive dans la soute avec le NTA.
BOWEN l'y attend. On distingue bien le FHRC sur le LMC.

Crédit : DR.

Il s'agit d'un système permettant de distribuer l'ammoniac de refroidissement dans les radiateurs photovoltaïques (PVR). Il sera positionné sur la plate-forme de stockage ESP-3 afin de servir de pièce de rechange en cas de problème avec celui qui est en place actuellement.

STEFANYSHYN-PIPER se saisit donc du FHRC et, toujours à l'aide du Canadarm2, l'emmène sur l'ESP-3. Quand elle y arrive, BOWEN vient l'aider à le fixer.

Ensuite, les deux astronautes se séparent. BOWEN part travailler sur le module japonais Kibo. Il ôte certaines protections du système d'amarrage avant EFBM (Exposed Facility Berthing Mechanism) en vue de son inspection visuelle dans quelques jours. Cette pièce d'amarrage sera occupée par le dernier élément de Kibo, la JEM-EF, dont l'installation est prévue en 2009 lors de STS-127.

Pendant ce temps, STEFANYSHYN-PIPER se rend sur le segment S3 pour procéder aux premières réparations du dispositif SARJ. Il est principalement constitué de deux anneaux métalliques mis en rotation l'un par rapport à l'autre. Les deux anneaux sont reliés par des systèmes de roulement à billes appelés TBA.

Fig. 17 : Schéma du SARJ montrant les 22 protections (CXX) et les 12 TBA.
Crédit : NasaSpaceFlight L2.

Le SARJ est recouvert d'une protection thermique constituée de 22 sections. La section n°7 avait déjà été ôtée précédemment, et STEFANYSHYN-PIPER enlève la n°8 pour pouvoir travailler dessous. Elle a maintenant accès au TBA n°10, qu'elle démonte et stocke dans un sac. Elle peut alors procéder au nettoyage de la zone du TBA.

Premièrement, elle va devoir utiliser un chiffon humide pour enlever les débris et nettoyer les anneaux métalliques. Ensuite, elle utilisera un pistolet à graisse pour lubrifier l'anneau outboard (celui fixé au S4).

Fig. 18 : Le pistolet à graisse que les astronautes utiliseront.
Crédit : DR.

Mais son pistolet fuit dans son sac, répandant de la graisse sur une caméra et sur ses gants. Elle commence alors à se nettoyer, mais elle laisse s'échapper son sac d'outils. Ce n'est pas très grave, car BOWEN pourra lui prêter les siens.

Fig. 19 : Le sac de Heidemarie STEFANYSHYN-PIPER.
Crédit : DR.

D'ailleurs, il a maintenant terminé son travail sur Kibo et se dirige vers le SARJ. Il effectue une opération similaire à celle que réalise STEFANYSHYN-PIPER : il ôte les sections n°22 et n°1 de la protection thermique, puis il démonte le TBA n°6 et nettoie son emplacement.

Fig. 20 : BOWEN s'approche du SARJ.
Crédit : DR.

Quand les deux astronautes ont fini leur nettoyage, ils réinstallent de nouveaux TBA. STEFANYSHYN-PIPER démonte ensuite les sections n°9 et n°10 de la protection thermique pour accéder au TBA n°11. Elle l'ôte, nettoie son emplacement, mais n'en réinstalle pas de nouveau (ce sera fait lors de la prochaine sortie).

Fig. 21 : STEFANYSHYN-PIPER travaille sur le SARJ
(vue depuis a caméra de casque de BOWEN).

Crédit : DR.

Comme les astronautes sont en avance sur leur programme, ils ont le temps d'effectuer quelques tâches supplémentaires. Ils démontent une attache du SARJ qui ne sert plus à rien depuis qu'il est en orbite (le SLR 4A, SARJ Launch Restraint 4A).

Ensuite, BOWEN se rend sur le Z1 pour récupérer un gros sac qui servira lors des prochaines sorties. Après cela, les astronautes rentrent dans le module Quest à 01h01 GMT (le 19 novembre). Leur sortie aura duré 6h52.

Pendant qu'ils étaient dehors, leurs collègues à l'intérieur du complexe orbital n'ont pas chômé. Ils ont transféré de Leonardo vers la station deux armoires scientifiques (EXPRESS 6 et CIR), qui sont mises en place dans le laboratoire Destiny, ainsi que les systèmes WRS et WHC et deux cabines individuelles (Crew Quarters, CQ n°1 et n°3).

Fig. 22 : Une cabine individuelle CQ,
similaire à celles qui sont installées par l'équipage de STS-126.

Crédit : DR.

Les CQ sont installés dans le module Destiny le 19 novembre. WRS (Water Recovery System) est l'un des principaux composants du système de survie américain. Il permettra de transformer les urines et les eaux usées en eau potable. Le WHC (Waste and Hygiene Compartment) est un nouveau WC.

Toujours le 19 novembre, le système Kours-P du module Zvezda montre un fonctionnement anormal lors d'un test commandé par le TsUP. Il semblerait que ce soit le boîtier électronique K2-VKA-01 qui soit à l'origine du problème.

Les astronautes d'Endeavour commencent leur deuxième sortie dans l'Espace le 20 novembre 2008 à 17h58 GMT. Heidemarie STEFANYSHYN-PIPER et Robert KIMBROUGH se dirigent immédiatement vers le segment S1 pour accomplir leur première tâche : déplacer les deux CETA.

Il s'agit de chariots de 282kg permettant de déplacer certains matériels encombrants. Ils ont été amenés lors des missions STS-112 et STS-113, en 2002, et depuis tout ce temps ils sont disposés à droite du Transporteur Mobile (MT).

Fig. 24 : Le CETA2, avant son lancement à bord de STS-113 en novembre 2002.
Crédit : DR.

Or, lors de la prochaine mission de la navette (STS-119), le MT devra pouvoir aller jusqu'à l'extrémité de l'ITS pour participer à l'assemblage du dernier segment, le S6. Les CETA, comme ils sont placés, empêcheront le MT d'aller aussi loin, et il faut donc les déplacer de l'autre côté (bâbord).

Quand les astronautes arrivent sur place, ils sont rejoints par le bras Canadarm2 et KIMBROUGH s'y arrime au moyen d'un cale-pieds APFR. Ils démontent ensuite tous les verrous qui retiennent le CETA1, puis KIMBROUGH le saisit et, à l'aide du bras, l'emmène sur le côté bâbord du MT.

STEFANYSHYN-PIPER le rejoint immédiatement et l'aide à arrimer le CETA. Quand l'opération est terminée, les deux astronautes reviennent du côté tribord et recommencent avec le CETA2.

Fig. 25 : KIMBROUGH transporte le CETA2, 20 novembre 2008.
Crédit : DR.

KIMBROUGH se libère ensuite du Canadarm2 et il démonte l'APFR afin d'avoir accès à l'extrémité du bras. Sa mission est alors de lubrifier le LEE-A, le dispositif qui permet d'agripper les charges. Cette maintenance est nécessaire car, récemment, le système a montré quelques difficultés à s'ouvrir et à se fermer. Or, à l'automne 2009, il sera utilisé pour saisir le ravitailleur japonais HTV.

Fig. 26 : Le LEE-A, vu de la caméra de casque de KIMBROUGH, 20 novembre 2008.
Crédit : DR.

Pendant ce temps, STEFANYSHYN-PIPER retourne sur le S3 pour continuer à travailler sur le SARJ défaillant. Les ingénieurs de Houston ont commandé sa rotation afin que les TBA déjà changés se retrouvent sous les couvertures thermiques, qui ne sont pas faciles à enlever.

L'astronaute américaine démonte à nouveau les sections n°8, n°9 et n°10 de la couverture, et elle nettoie et lubrifie les anneaux de rotation. Elle installe ensuite le nouveau TBA-11, mais elle sert trop fort (couple de 16,3N.m au lieu de 5,15N.m) et les ingénieurs de Houston craignent qu'il soit endommagé. Dans le doute, ils ordonnent de le changer, et STEFANYSHYN-PIPER le démonte.

Fig. 27 : STEFANYSHYN-PIPER démonte le TBA-11 qu'elle a serré trop fort.
Crédit : DR.

De son côté, KIMBROUGH a terminé son travail sur le LEE-A et il rejoint STEFANYSHYN-PIPER. Il démonte les sections n°4 et n°5 de la protection thermique et commence à son tour à nettoyer les anneaux.

Ensuite, les deux astronautes échangent leurs positions. STEFANYSHYN-PIPER part nettoyer les anneaux sous la section n°4 et KIMBROUGH vient procéder à l'installation d'un "nouveau" TBA-11 (c'est en fait un ancien, mais cela vaut toujours mieux que celui qui a été serré trop fort).

Fig. 28 : STEFANYSHYN-PIPER (à gauche) et KIMBROUGH travaillent
sur le SARJ du S3/S4, 20 novembre 2008.

Crédit : DR.

STEFANYSHYN-PIPER, de son côté, installe un nouveau TBA-9 et un nouveau TBA-8. KIMBROUGH démonte les sections n°15 et n°16 de la protection thermique et démonte le TBA-2 (sans le remplacer).

Mais les ingénieurs détectent un taux anormalement élevé de dioxyde de carbone dans le scaphandre de KIMBROUGH (environ 3,2%), et lui ordonnent de rentrer dans le sas. Sur le chemin du retour, il a également des problèmes avec sa liaison radio.

De toute façon, la sortie est quasiment terminée. STEFANYSHYN-PIPER rentre à son tour dans le sas et ferme l'écoutille à 00h43 GMT (le 21 novembre). La sortie aura duré 6h45.

Pendant qu'elle avait lieu, le cosmonaute Youri LONTCHAKOV a démonté le boîtier K2-VKA-01 du module Zaria pour l'installer dans Zvezda. Il fait partie du système d'amarrage Kours et avait montré une défaillance il y a quelques jours. Comme c'est sur Zvezda et Pirs que la plupart des vaisseaux viennent s'amarrer, le TsUP préfère que ce soit celle-là qui soit opérationnelle. Sur Zaria en revanche, le Kours-P n°2 (redondance) fonctionne normalement.

Le 21 novembre, à 17h10 GMT, une rehausse de l'orbite de la station est réalisée au moyen des moteurs d'Endeavour. Elle permet de gagner 2,2km d'altitude.

STEFANYSHYN-PIPER et BOWEN entament la troisième sortie de la mission STS-126 le 22 novembre 2008 à 18h01 GMT. Le seul et unique objectif est la maintenance du SARJ défaillant.

Fig. 29 : Stephen BOWEN, lors de la troisième sortie, 22 novembre 2008.
Crédit : DR.

Dès qu'ils sont dehors, les astronautes se dirigent donc vers le S3 et commencent à démonter des sections de protection thermique. STEFANYSHYN-PIPER remplace les TBA 1, 2, 7 et 12, et BOWEN change le TBA-4. En revanche, il ne touche pas aux TBA 5 et 6, qui sont déjà propres.

La sortie se déroule sans incident et dure 6h57. Pendant ce temps, LONTCHAKOV continue de réparer le système Kours défaillant de Zvezda. Le TsUP procède à un test le 23 novembre, et tout se passe bien.

BOWEN et KIMBROUGH commencent la quatrième sortie de STS-126 le 24 novembre 2008 à 18h24 GMT. En premier lieu, ils se rendent sur le segment P3 afin d'effectuer une opération préventive complexe visant à éviter que le SARJ bâbord connaisse les mêmes difficultés que son homologue du S3.

Ils commencent par démonter les sections n°6, 7, 10, 11, 14 et 15 de la protection thermique. A leur grande surprise, ils constatent que les anneaux de protection sont déjà graissés. Les ingénieurs pensent que cela provient d'une fuite de l'un des TBA.

Ensuite, BOWEN part sur le S3, de l'autre côté de l'ITS, pour nettoyer et remplacer le TBA-3, ce qu'il n'avait pas eu le temps de faire lors de la sortie précédente. Cela met un terme aux réparations du SARJ tribord.

Fig. 30 : Stephen BOWEN sur le segment S3, 24 novembre 2008.
Crédit : DR.

Pendant ce temps, KIMBROUGH lubrifie les anneaux de rotation du SARJ bâbord. Il retourne ensuite dans le module Quest où il va récupérer une caméra vidéo (ETVCG, External Television Camera Group) qu'il va installer sur le segment P1. Elle servira à fournir des images du vaisseau japonais HTV lors de son arrivée en septembre 2009.

Pendant ce temps, les ingénieurs de Houston commandent la mise en rotation (180°) des panneaux solaires bâbord (P4 et P6). Cela permet d'étaler la graisse que KIMBROUGH a déjà appliquée et place l'autre moitié du SARJ devant l'ouverture de la protection thermique.

Quand la rotation est terminée, KIMBROUGH revient sur le P3 et lubrifie donc les zones qui sont maintenant visibles.

De son côté, BOWEN travaille de nouveau sur le module japonais Kibo. Il rétracte manuellement un verrou de l'EFBM qui avait refusé de le faire sur commande à distance. Ensuite, il remet en place la couverture thermique qu'il avait enlevée lors de la première sortie de la mission.

Fig. 31 : Stephen BOWEN sur le module Kibo, 24 novembre 2008.
Crédit : DR.

Quand il a terminé, il monte au dessus de l'ELM-PS pour y installer deux antennes GPS qui seront utilisées par le HTV. Cependant, il n'en installe qu'une (la A), la B sera ramenée dans la station et installée ultérieurement. BOWEN rejoint ensuite KIMBROUGH sur le P3 pour l'aider à remettre en place la protection thermique du SARJ, qu'il a fini de lubrifier.

Le niveau de dioxyde de carbone dans le scaphandre de KIMBROUGH est un peu trop élevé, et Houston lui demande de revenir au sas. De là, il prend des photos de la section endommagée du radiateur photovoltaïque. BOWEN le rejoint peu de temps après. La dernière sortie de STS-126, se termine à 00h31 GMT (le 25 novembre). Elle aura duré 6h07.

Fig. 32 : L'aile solaire tribord, lors du test du 26 novembre 2008.
Crédit : DR.

Le 26 novembre, les ingénieurs de Houston procèdent à un essai du SARJ tribord. Pour la première fois depuis plus d'un an, ils le mettent en mode de poursuite automatique (Autotrack). Les panneaux solaires effectuent deux tours complets (720°) et le courant dans le moteur est relevé.

A la grande joie des ingénieurs, il est en moyenne de 0,17A, avec un maximum à 0,35A, ce qui est une très bonne nouvelle. Avant les réparations, le courant se situait entre 0,7A et 0,9A. L'aile solaire bâbord, quant à elle, est remise en mode Autotrack comme avant.

4. Arrivée de Progress M-01M

Le 26 novembre 2008, le premier vaisseau de ravitaillement de la nouvelle série décolle de Baïkonour. Progress M-01M doit rejoindre la station dans trois jours, et Youri LONTCHAKOV s'exerce à manipuler le système d'amarrage de secours TORU.

Le même jour, l'écoutille donnant au MPLM Leonardo est refermée. Le disque central du CBM du module Harmony est réinstallé, et à 21h45 GMT PETTIT et KIMBROUGH manipulent le bras Canadarm2 pour remettre le module dans la soute d'Endeavour.

Fig. 33 : Leonardo a retrouvé sa place dans la soute d'Endeavour, 26 novembre 2008.
Crédit : DR.

Les deux équipages se disent au revoir le 27 novembre. Une cérémonie a lieu vers 22h55 GMT, puis les écoutilles sont refermées. La navette se sépare de la station le 28 novembre 2008 à 14h47 GMT. Elle effectue une ronde autour de la station puis s'en éloigne.

Fig. 34 : La station internationale vue d'Endeavour, 28 novembre 2008.
Crédit : DR.

Le vaisseau Progress M-01M rejoint la station le 30 novembre 2008 à 12h28 GMT. L'amarrage au module Pirs est effectué en mode manuel par Youri LONTCHAKOV, car le système automatique Kours subit une défaillance.

Le 4 décembre 2008, à 09h00 GMT, le TsUP commande l'allumage des moteurs de Progress M-01M afin de vérifier la bonne intégration de ce dernier dans les systèmes de la station.

Fig. 35 : Sandra MAGNUS dans le module Harmony, 7 décembre 1998.
Crédit : DR.

L'opération principale du 5 décembre 2008 est le déplacement de la plate-forme externe ESP-3. Son emplacement normal est le système de stockage non pressurisé du segment P3 (UCCAS), mais le 5 novembre dernier elle avait été déplacée sur la MBS pour les besoins de la mission STS-126. Aujourd'hui, FINCKE et MAGNUS la remettent sur le P3 à l'aide du bras Canadarm2.

Le 13 décembre 2008 est un grand jour pour la station. Pour la première fois, le système de survie américain ECLSS fonctionne en boucle fermée. Michael FINCKE prélève de l'urine prétraitée dans un container russe et la met dans l'UPA (Urine Processor Assembly), qui parvient à la traiter et à la transformer en eau, qui est à son tour injectée dans l'OGS qui en fait de l'oxygène respirable.

Le 17 décembre 2008, à 03h28 GMT, les moteurs de Progress M-01M sont mis en service pour une manœuvre d'essai. Le vaisseau est actuellement amarré au module Pirs, et la station est en mode LVLH +XVV (vecteur vitesse dans la même direction et le même sens que le vecteur +X, le vecteur longitudinal). C'est-à-dire que le moteur principal de Progress est orienté radialement.

Fig. 38 : Vue du vaisseau Progress M-01M, amarré à Pirs, 15 décembre 2008.
Crédit : NASA.

Le TsUP souhaite vérifier qu'il est possible d'effectuer une correction d'orbite dans cette configuration. Cela permettrait de réaliser des manœuvres d'évitement de débris même dans le cas où un Soyouz est amarré au module Zvezda.

Les moteurs sont donc allumés (dt=528", dV=0,49m/s), et le test permet également de commencer la mise en phase pour les arrivées prochaines de deux nouveaux vaisseaux (Atlantis STS-119 et Progress M-66).

5. La première sortie dans l'Espace

La 26ème sortie dans l'Espace réalisée depuis le segment russe de la station internationale (VKD-21) débute le 23 décembre 2008 à 00h51 GMT, quand les cosmonautes LONTCHAKOV (Orlan-M n°26) et FINCKE (Orlan-M n°27) ouvrent l'écoutille VL-1 du module Pirs.

Leur première mission est d'installer une sonde de type Langmuir sur la coque de Pirs. Elle est destinée à prendre des mesures du champ électrique dans le plasma environnant qui serviront à l'enquête sur les boulons pyrotechniques des Soyouz TMA, suite aux incidents de Soyouz TMA-10 et Soyouz TMA-11.

Fig. 40 : Emplacement de la sonde Langmuir sur le module Pirs.
Crédit : DR.

Pendant que LONTCHAKOV termine l'installation de la sonde, FINCKE se dirige vers le bas de Pirs pour aller chercher le container n°2 de l'expérience Biorisk-MSN, installée le 6 juin 2007. Il le ramène ensuite dans le sas.

Fig. 41 : Les trois containers de Biorisk-MSN.
Crédit : DR.

Les deux hommes se rendent ensuite à la base de la section de grand diamètre du module Zvezda. Lors de leur sortie du 26 janvier 2005, les cosmonautes CHARIPOV et CHIAO (MKS-10) y avaient installé l'URM-D, une plate-forme destinée à recevoir toutes sortes d'expériences.

Aujourd'hui, LONTCHAKOV et FINCKE vont y placer l'expérience EXPOSE-R, apportée par Progress M-01M. Ils y connectent ensuite un certain nombre de câbles, et le TsUP la met en route. Mais aucune télémétrie n'est envoyée au sol, et les cosmonautes finissent par la démonter pour la rapporter dans la station à la fin de la sortie.

Fig. 42 : FINCKE (à gauche) et LONTCHAKOV arrivent sur Zvezda, 23 décembre 2008.
Crédit : DR.

Ils poursuivent quand même leurs activités. La tâche suivante est d'installer sur l'URM-D l'instrument IPI-SM, qui fait partie de l'expérience Impuls. Comme beaucoup de temps a été perdu avec EXPOSE-R, les cosmonautes doivent retourner dans le sas sans avoir accompli les dernières tâches (comme l'inspection de l'antenne 2ASF1-M-VKA de Progress M-01M).

Ils prennent quand même le temps de prendre des photos du Segment russe, et la sortie se termine à 06h29 GMT. Elle a duré 5h38.

Le 31 décembre 2008, Youri LONTCHAKOV inspecte visuellement l'expérience EXPOSE-R, qui n'envoyait aucune télémétrie lors de son installation. Il utilise un ohmmètre pour vérifier les connections entée/sortie, mais il ne détecte aucun problème. De nouvelles investigations laissent penser que certaines connexions sont défectueuses à l'intérieur du boîtier.

D'autre part, la sonde Langmuir que les cosmonautes ont installée lors de leur sortie n'envoie aucune donnée au TsUP, bien qu'elle semble fonctionner correctement. Une deuxième sortie à la fin janvier pourrait être nécessaire.

6. Opérations de routine

Les moteurs KD1 et KD2 du module Zvezda sont allumés le 14 janvier 2009 à 18h05 GMT (dt=142,3", dV=3,1m/s, dh=5,8km).

Mais tout ne se passe pas bien lors de cette manœuvre. Les ingénieurs russes et américains observent de très fortes oscillations (avec une période d'environ 2") de la structure de la station pendant toute la durée de la combustion. Les cosmonautes sont également à même de ressentir les très violentes vibrations. Les ailes solaires de la station oscillent cinq fois plus fort que ne le permettent les normes de sécurité.

Il semblerait que le TsUP ait mal configuré le système d'orientation des moteurs KD1 et KD2. Ceux-ci sont montés sur des cardans, ce qui leur permet d'orienter sensiblement la direction de la poussée qu'ils fournissent.

Suite à l'erreur de programmation, ils ont changé leur orientation pendant toute la combustion, et il se trouve qu'ils l'ont fait à une fréquence égale à l'une des fréquences de résonance de la station.

En attendant d'éclaircir ce problème, la prochaine correction, prévue le 4 février, est reportée. Comme elle devait permettre d'aligner la station pour les lancements de Soyouz TMA-14 et Discovery STS-119, les dates de ces lancements sont menacées.

Fig. 44 : Youri LONTCHAKOV dans le module Zaria, 14 janvier 2009.
Crédit : DR.

Le 17 janvier 2009, le système GPS (appelé ASN NVM 1) de Zvezda tombe en panne. Sur un total de quatre NVM (Navigation Computer Module), celui-ci est le troisième à ne plus être opérationnel, et il n'y a donc plus de redondance. Comme les NVM ne sont utilisés que pour les amarrages des vaisseaux européens ATV, il n'y aura pas de conséquences immédiates sur les opérations.

Le 28 janvier 2009, LONTCHAKOV passe plusieurs heures dans le vaisseau Soyouz TMA-13 pour remplacer le ventilateur BV1 du système d'air conditionné KhSA. Il avait montré un comportement anormal depuis l'amarrage.

Fin janvier, le compresseur d'une pompe de Progress M-01M tombe en panne, ce qui empêche le TsUP de procéder à un transfert de peroxyde d'azote vers Zaria. Mais le problème est vite réglé, et le transfert a finalement lieu avec quelques jours de retard, le 29 janvier.

Fig. 45 : LONTCHAKOV et MAGNUS dans le module Zvezda, 3 février 2009.
Crédit : DR.

Le 3 février, le TsUP décide de ne pas effectuer de rehausse d'orbite, car le problème des oscillations n'est toujours pas réglé. En conséquence, le lancement de Soyouz TMA-14 sera reporté de vingt-quatre heures, et l'atterrissage de Soyouz TMA-13 de quarante-huit heures, de manière à ce que les phases correspondent.

7. Arrivée de Progress M-66

Le vaisseau Progress M-01M se sépare du module Pirs le 6 février 2009 à 04h10 GMT. Ce jour-là, la pompe VN du système Vozdoukh tombe en panne et LONTCHAKOV doit la remplacer.

Le vaisseau Progress M-66 décolle de Baïkonour le 10 février 2009. Dans le module Zvezda, seul un des trois ordinateurs TVM fonctionne. Or, le règlement demande à ce qu'il y en ait au moins deux en état de marche pour pouvoir procéder à l'amarrage d'un vaisseau. Le 11 février, le TsUP parvient à en redémarrer un. Le troisième sera bientôt remplacé (un TVM de rechange est disponible à bord).

C'est le 13 février 2009 à 07h19 GMT que le vaisseau Progress M-66 s'amarre au module Pirs. Les cosmonautes vérifient l'étanchéité de la liaison, et ils ouvrent l'écoutille à 10h20 GMT. Dans le vaisseau, ils prennent un échantillon d'air et installent la ventilation.

Fig. 46 : Progress M-66 approche de Pirs, 13 février 2009.
Crédit : DR.

Les 24, 25 et 26 février, LONTCHAKOV remplace le boîtier K2-VKA-01 du système Kours-P de Zvezda par un nouvel exemplaire apporté par Progress M-66. L'ancien est réinstallé dans le module Zaria, son emplacement d'origine.

Lors de la première sortie de LONTCHAKOV et FINCKE, le 23 décembre 2008, un certain nombre d'activités n'avaient pas pu être menées à bien, notamment l'installation de l'expérience européenne EXPOSE-R. Le TsUP a décidé d'ajouter une sortie au programme de MKS-18 pour réaliser ces activités. La deuxième sortie aura donc lieu le 10 mars prochain.

Le 4 mars 2009, LONTCHAKOV remplace le troisième ordinateur TVM. Le lendemain, le TsUP lui fait subir un test et s'aperçoit qu'il ne fonctionne pas. Il n'y a donc toujours que deux TVM opérationnels sur trois.

8. La seconde sortie dans l'Espace

La 27ème sortie dans l'Espace réalisée depuis le segment russe de la station internationale (VKD-21a) débute le 10 mars 2009 à 16h22 GMT, quand les cosmonautes LONTCHAKOV (Orlan-M n°26) et FINCKE (Orlan-M n°27) ouvrent l'écoutille VL-1 du module Pirs.

Leur première activité consiste à démonter des attaches en aramide (matériau synthétique utilisé notamment dans les gilets pare-balles) du module Pirs. Ces antennes font partie du système Kours-P. Elles sont situées dans la zone des antennes AR-VKA et 2AR-VKA du module Pirs. Le TsUP pense que dans leur emplacement actuel elles pourraient gêner les vaisseaux Progress ou Soyouz amarrés à Pirs.

Fig. 49 : LONTCHAKOV et FINCKE démontent les attaches sur Pirs, 10 mars 2009.
Crédit : DR.

Ensuite, ils s'arrêtent rapidement vers la sonde Langmuir qu'ils avaient installée lors de leur précédente sortie afin de régler le problème technique qu'elle rencontrait.

Quand ils en ont fini, ils partent accomplir l'activité principale de la sortie : installer l'expérience européenne EXPOSE-R. Ils l'avaient déjà mise en place lors de leur précédente sortie, mais elle n'avait alors envoyé aucune télémétrie au TsUP, et ils l'avaient ramenée à bord. Il s'est avéré que le problème venait de l'un des boulons qui relient l'expérience à Zvezda. LONTCHAKOV a procédé à des réparations, et maintenant le dispositif est prêt à être de nouveau installé. Cette fois, le TsUP confirme que EXPOSE-R envoie correctement ses données. L'installation est un succès.

Les cosmonautes partent ensuite sur la section RO du module Zvezda pour mettre dans la bonne position la cassette n°9 de l'expérience SKK. Ils prennent beaucoup de photos du Segment russe dans le cadre de l'opération Panorama-2009. Elles permettront aux ingénieurs de faire le point sur l'état des modules après dix années en orbite.

Fig. 50 : LONTCHAKOV et FINCKE avec l'expérience SKK sur Zvezda, 10 mars 2009.
Crédit : DR.

Pour terminer, ils ferment un clapet de protection thermique (FP10) sur Zvezda, puis ils reviennent dans le sas. La sortie se termine à 21h11 GMT, elle a duré 4h49.

Le 12 mars, à 16h39 GMT, un débris orbital menacera la station. Il s'agit de l'étage PAM-D du lanceur américain Delta-7925 qui, le 13 mai 1993, a placé le satellite Navstar-2A 11 sur orbite. Comme il a été repéré trop tard, une manœuvre d'évitement n'a pas pu être programmée, et l'équipage n'a pas d'autre choix que de se réfugier une dizaine de minutes dans le vaisseau Soyouz TMA-13, juste au cas où.

9. Arrivée de Discovery STS-119

La navette spatiale américaine Discovery décolle de Cap Canaveral en Floride le 15 mars 2009 à 23h43 GMT. Ce vol, STS-119 ou ISS-15A, permettra d'ajouter le dernier segment (S6) de la structure ITS.

Fig. 51 : Décollage de Discovery STS-119, 15 mars 2009.
Crédit : DR.

L'équipage est commandé par Lee ARCHAMBAULT. Il est composé du pilote Tony ANTONELLI et des spécialistes de mission Joseph ACABA, Steven SWANSON, Richard ARNOLD, John PHILLIPS et Koichi WAKATA.

Ce dernier restera à bord de la station en tant que second ingénieur de bord de MKS-18, en remplacement de Sandra MAGNUS qui reviendra sur Terre avec Discovery.

La navette s'amarre au PMA-2 le 17 mars 2009 à 21h19 GMT. Le complexe est ensuite orienté au moyen des moteurs russes en mode -XVV afin de minimiser le risque d'impact de micrométéorites sur la protection thermique de Discovery.

Fig. 52 : Discovery approche de la station, avec le S6 dans la soute, 17 mars 2009.
Crédit : DR.

L'équipage de la navette peut alors pénétrer dans la station, et immédiatement après Koichi WAKATA transfère son siège Kazbek-UM dans le Soyouz TMA-13, à la place de celui de MAGNUS qui est temporairement stocké dans le module Kibo. WAKATA fait maintenant officiellement partie de MKS-18.

Le 18 mars, à 15h10 GMT, John PHILLIPS et Sandra MAGNUS commandent le bras Canadarm2 pour saisir le S6 dans la soute de Discovery. Ils le soulèvent de quelques mètres, puis s'arrêtent.

A bord de la navette, ANTONELLI et ACABA manœuvrent le bras SRMS pour venir saisir le S6. Pendan5-petitce temps, le Canadarm2 se repositionne de l'emplacement WS6 (sur le segment P1) vers l'emplacement WS1 (sur le segment S1) au moyen du MT.

Fig. 53 : Le bras Canadarm2 tient le S6,
le SRMS s'en approche pour prendre le relais, 18 mars 2009.

Crédit : DR.

Quand le Canadarm2 est en place, le SRMS lui repasse le S6, et il reste immobile jusqu'au lendemain. Pendant le transfert, WAKATA a essayé sa combinaison Sokol-KV-2 et sa couchette Kazbek.

Le 19 mars 2009, alors que les astronautes Steve SWANSON et Richard ARNOLD s'apprêtent à débuter la première sortie dans l'Espace de la mission, le Canadarm2 place le S6 en vis-à-vis du S5, à environ 150cm de sa position définitive.

Fig. 54 : Le Canadarm2 place le S6 devant le S5, 19 mars 2009.
Crédit : DR.

SWANSON et ARNOLD quittent le sas du module Quest à 17h16 GMT et se dirigent immédiatement vers le S5, où ils vérifient le bon positionnement du S6. Ils donnent alors l'autorisation d'approcher le S6 à environ 30cm du S5, puis à 15cm.

Là, ils vérifient que l'alignement est correct, et le Canadarm2 approche le S6 jusqu'au contact, qui a lieu à 18h17 GMT. Ils enclenchent alors un verrou et vissent quatre boulons RTAS (Rocketdyne Truss Attachment System) qui solidarisent l'ensemble. Ils installent également quatre bandes de mise à la terre.

Ils peuvent ensuite retirer le premier verrou qu'ils ont installé et qui ne sert plus à rien maintenant. Ils connectent ensuite quatre câbles électriques qui transmettront la puissance fournie par les panneaux solaires. Pendant ce temps, le Canadarm2 relâche le S6, qui fait donc officiellement partie du segment américain de la station.

Fig. 55 : Richard ARNOLD, 19 mars 2009.
Crédit : DR.

Les deux astronautes partent ensuite chacun de leur côté. ARNOLD va démonter les verrous qui maintiennent en place les containers renfermant les panneaux solaires SABB (Solar Array Blanket Box). Il y a quatre SABB, deux par aile solaire, et elles sont déployées dès que ARNOLD les libère.

Pendant ce temps, SWANSON retire les sangles et les verrous qui maintiennent en place le radiateur photovoltaïque PVR (Photovoltaic Radiator) du S6. Comme il est en avance sur le programme, il en profite pour ôter les verrous qui retiennent les boucliers antimétéorites du S6.

Fig. 56 : Steve SWANSON, 19 mars 2009.
Crédit : DR.

Sa prochaine tâche est de déverrouiller les deux BGA (Beta Gimbal Assembly) du S6. Il s'agit des dispositifs qui permettent aux panneaux solaires de tourner selon leur axe longitudinal. Il y en a deux, un par aile solaire (1B et 3B).

SWANSON doit enlever les verrous, mettre les BGA en place, et ensuite remettre les verrous pour les maintenir dans leur nouvelle position. Il y a cependant un problème avec le BGA 3B quand l'un de ses quatre verrous refuse de s'engager. Les ingénieurs pensent toutefois que cette situation n'est pas dramatique.

Fig. 57 : Vue du S6 avec les BGA 1B et ses SABB déployés, 19 mars 2009.
Crédit : DR.

Les deux astronautes se retrouvent ensuite pour accomplir les dernières activités de la sortie. Ils ôtent plusieurs protections thermiques sur les BGA et les jettent dans le vide.

Le centre de Houston commande ensuite le déploiement du PVR, puis les astronautes reviennent vers le module Quest. Ils rentrent dans le sas et la sortie se termine à 23h23 GMT, elle aura duré 6h07.

Fig. 58 : Déploiement du PVR du S6, 19 mars 2009.
Crédit : DR.

Le lendemain, 20 mars 2009, le centre Johnson commande le déploiement de l'aile solaire 1B à 15h55 GMT et de l'aile 3B à 17h20 GMT. Pour chaque aile (SAW), la manœuvre se fait en deux étapes : déploiement jusqu'à 49%, puis jusqu'à 100%.

La station dispose maintenant de la totalité de sa puissance électrique, avec les quatre ailes solaires de la structure ITS opérationnelles.

Pendant ces opérations, FINCKE, LONTCHAKOV et WAKATA enfilent leurs scaphandres Sokol et essayent leurs couchettes Kazbek dans le vaisseau Soyouz TMA-13.

Fig. 59 : ANTONELLI aide ACABA à se préparer dans le module Quest, 21 mars 2009.
Crédit : DR.

Les astronautes SWANSON et ACABA débutent la deuxième sortie dans l'Espace de STS-119 le 21 mars 2009 à 16h51 GMT. Ils se dirigent tout d'abord vers le segment P6, sur le côté bâbord de l'ITS.

Le segment P6 comporte quatre ailes solaires qui permettent de fournir de la puissance électrique à la station. Quand celle-ci est dans l'ombre de la Terre, ce sont des batteries qui prennent le relais. Elles sont rechargées à chaque passage de la station dans la zone éclairée.

Il y a douze batteries sur le P6, six par aile solaire. Les batteries 2B1A, 2B1B, 2B2A, 2B2B, 2B3A et 2B3B stockent l'électricité de l'aile 2B, et les batteries 4B1A, 4B1B, 4B2A, 4B2B, 4B3A et 4B3B font de même pour l'aile 4B.

Chacune de ces batteries a une durée de vie de six ans et demi. Or, le P6 a été amené en orbite en novembre 2000 lors de la mission STS-97, et elles ont donc largement dépassé leur date de péremption. Les six batteries de l'aile 2B vont être remplacées lors du vol STS-127, et celles de l'aile 4B seront remplacées lors de STS-132.

Chaque batterie est maintenue en place par deux boulons, appelés H1 et H2. Pour s'assurer que les astronautes de STS-127 ne rencontreront aucune difficulté à changer les batteries de l'aile 2B, SWANSON et ACABA vont desserrer les douze boulons, puis les remettre en place.

Fig. 60 : SWANSON à la jonction entre le S0 et le P1, 21 mars 2009.
Crédit : DR.

A 18h31 GMT, une alarme retentit dans la station, car les gyroscopes CMG sont saturés et ne peuvent plus assurer le contrôle d'attitude, qui doit maintenant être pris en charge par les moteurs de la navette Discovery. Le problème vient d'un mauvais paramétrage du système, qui croyait que le MT était à l'emplacement WS4 alors qu'il était au WS1.

Les deux hommes retournent ensuite dans le sas de Quest pour y prendre du matériel, et ils se rendent en-dessous du segment P3. Là, ils doivent installer une plate-forme appelée UCCAS, qui permettra d'arrimer du matériel au P3 lors de futures missions.

Fig. 61 : Schéma de l'UCCAS une fois déployé.
Crédit : DR.

Ils rencontrent des problèmes avec une broche à diamètre ajustable ADP (Adjustable Diameter Pin), ce qui leur fait perdre du temps. Finalement, comme ils ne parviennent pas à terminer le déploiement de l'UCCAS, Houston leur demande de passer à la tâche suivante.

ACABA va photographier en infrarouge les radiateurs des segments P1 et S1, et SWANSON part vers le module japonais Kibo. Il doit installer sur l'ELM-PS (aussi appelé JLP) une antenne GPS. Il repasse ensuite par le sas et monte sur le Z1 pour reconfigurer un panneau de contrôle, mais il n'y parvient pas.

Fig. 62 : L'antenne GPS installée sur Kibo.
Crédit : DR.

Les deux astronautes retournent ensuite vers l'UCCAS. Comme il n'est pas possible de le déployer complètement, ils l'attachent dans la position où il est. Ils rentrent dans le sas et la sortie se termine sur ce bilan mitigé à 23h21 GMT. Elle a duré 6h30.

10. Retour sur Terre

ARNOLD et ACABA commencent la troisième sortie de STS-119 le 23 mars 2009 à 15h37 GMT. La première tâche consiste à déplacer le chariot CETA2.

Les deux CETA sont actuellement sur le P1, du côté bâbord du Transporteur Mobile (MT), ce qui l'empêchera, lors de la prochaine mission (STS-127), d'atteindre l'extrémité du segment P6 (les astronautes devront s'y rendre pour changer les batteries). Le CETA2 avait été placé ici lors de la sortie du 20 novembre 2008, lors de la mission STS-126.

Fig. 63 : Schéma du S0 (vue de face).
Au premier plan, on voit les modules Destiny et Harmony.
La flèche montre le déplacement du CETA2. Actuellement, il est sur le P1 (à bâbord, droite de l'image), et il faut le mettre sur le S1 (à tribord, gauche de l'image).
Crédit : DR.

Les deux astronautes vont donc déplacer le CETA2 de l'autre côté du MT, sur le S1. Ils commencent par démonter les boggies du CETA2.

Ensuite, ACABA installe un cale-pied APFR sur l'extrémité du bras Canadarm2. Il peut alors s'y installer, saisir le CETA2 et le détacher de son rail. John PHILLIPS manœuvre alors le bras pour déplacer ACABA de quelques mètres, jusqu'à ce qu'il atteigne l'autre côté du MT.

Fig. 64 : Joe ACABA avec le CETA2 sur le bras,
lors de son déplacement du P1 vers le S1, 23 mars 2009.

Crédit : DR.

ARNOLD, quant à lui, se rend « à pieds » sur le S1, et il aide ACABA à positionner correctement le CETA2. Ils installent les boggies et démontent l'APFR du Canadarm2, qu'ils stockent sur le CETA2, puis ils retournent dans le sas pour chercher du matériel.

Ils doivent maintenant tenter de terminer le déploiement de la structure UCCAS, qui n'avait pas pu être terminé lors de la précédente sortie. Ils se rendent donc sur le segment P3, mais ils rencontrent les mêmes problèmes que précédemment, et l'UCCAS ne peut toujours pas être complètement déployé (l'ADP n'est cependant pas en cause).

Fig. 65 : Joe ACABA lors de la troisième sortie, 23 mars 2009.
Crédit : DR.

Ils le fixent donc dans une position intermédiaire et passent à l'activité suivante. L'UCCAS ne doit pas être utilisé avant STS-129, il y a donc du temps pour trouver une solution. Houston décide également d'annuler le déploiement de la structure PAS, car elle est semblable à l'UCCAS.

ARNOLD est chargé de lubrifier l'extrémité LEE-B du bras Canadarm2. La lubrification de l'autre extrémité (LEE-A) avait été réalisée lors de STS-126. Pendant ce temps, ACABA installe un coupleur entre le CETA1 et le MT plus court que celui déjà présent, afin de ne pas gêner le SARJ bâbord.

Fig. 66 : ARNOLD lubrifie le LEE B, 23 mars 2009.
Crédit : DR.

Quand il a terminé, il va sur le S1 pour travailler sur le système de raccord segment-segment SSAS (Segment to Segment Attach System), dont il doit remplacer des connecteurs. Ensuite, il reste sur le S1 et démonte deux des six attaches qui retiennent un tuyau du système FHRC (Flex Hose Rotary Coupler). Cela permettra de gagner du temps si un jour il est décidé de changer le FHRC.

Après cela, la sortie est terminée. Les astronautes ferment le sas à 22h04 GMT, la sortie a duré 6h27.

La navette Discovery se sépare du PMA-2 le 25 mars 2009 à 19h53 GMT. Elle réalise ensuite un tour de la station afin de permettre aux astronautes de prendre des photos. Après la séparation, FINCKE dépressurise le PMA-2.

Fig. 67 : Une vue spectaculaire de la station après la séparation, 25 mars 2009.
Crédit : DR.

Dès le lendemain, l'équipage de relève décolle du cosmodrome de Baïkonour à bord du vaisseau Soyouz TMA-14. Les cosmonautes Guennadi PADALKA, Michael BARRATT (MKS-19) et le touriste Charles SIMONYI arrivent sur la station le 28 mars 2009.

Une petite cérémonie de passation a lieu le 2 avril, et le lendemain les trois cosmonautes sur le départ, FINCKE, LONTCHAKOV et SIMONYI font une simulation de retour sur Terre dans le Soyouz TMA-13. Ensuite, LONTCHAKOV et FINCKE assistent le TsUP dans un test des systèmes, qui conduit notamment à un bref allumage du moteur de freinage.

Comme les conditions météo sont très mauvaises sur le site d'atterrissage, le TsUP décide d'utiliser le site de secours, plus au sud. Cela a pour conséquence de reporter la commande de séparation de quelques heures, qui a lieu le 8 avril 2009 à 03h52 GMT (au lieu de 07h15 GMT).

Le vaisseau quitte physiquement le module Zaria à 03h55 GMT et s'éloigne de la station. A 06h24 GMT, le moteur est allumé pendant 261s et Soyouz amorce sa descente. Tout se passe de façon nominale, et les équipes des FPSU repèrent le vaisseau au bout de ses parachutes.

Les hélicoptères se posent immédiatement après le contact, qui a lieu à 07h15 GMT. La mission MKS-18 a duré 178 jours et 14 minutes. Les cosmonautes sont emmenés en hélicoptère à Karaganda, participent à une petite cérémonie kazakhe et repartent en avion à la Cité des Etoiles.

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