MKS-13 | Chronologie

1. Lancement et amarrage

Le 16ème lanceur Soyouz-FG (11A511U-FG n°П15000-018) décolle du pas de tir n°5 (17P32-5) de la zone n°1 du cosmodrome de Baïkonour le 30 mars 2006 à 02h30'20,076" GMT.

A 02h39 GMT, le vaisseau Soyouz TMA-8 (11F732A17 n°218) est placé sur une orbite basse (196km x 242km 51,64°).

Fig. 1 : Décollage de Soyouz TMA-8.
Crédit : NASA.

Peu après 02h39 GMT, c'est-à-dire au moment de la mise en orbite, un satellite Molnia chargé de transmettre les données télémétriques connaît un ennui technique, et la réception des données est interrompue jusqu'à 02h49 GMT, soit durant une dizaine de minutes. Les communications radio avec l'équipage ne sont, quant à elles, nullement affectées, et les trois hommes doivent lire à haute voix certains paramètres du vol pour tenir au courant les ingénieurs du TsUP.

Une première manœuvre de rendez-vous avec la station a lieu lors des troisième et quatrième orbites : le moteur SKD est allumé à 06h07 GMT (dt=71,9") et à 06h57 GMT (dt=35,7").

VINOGRADOV lance aussi l'ISK, c'est-à-dire la rotation du vaisseau en roulis, de façon à ce que le Soleil ne chauffe pas toujours la même face. Le 31 mars à 03h47 GMT, lors de la 18ème orbite, une deuxième manœuvre est menée à bien (dt=6,2").

Deux ultimes corrections d'orbite sont effectuées le 1er avril à 02h24 GMT (dt=27,3") et à 03h08 GMT (dt=26,4"). Les trois hommes activent le système Kours-A, tandis que l'équipage de la station démarre le Kours-P du module Zvezda. A 03h58 GMT, alors que Soyouz n'est plus qu'à 400m de la station, VINOGRADOV commence à aligner les deux engins. Les manœuvres d'approche finale commencent à 04h10 GMT. L'amarrage au module Zaria a lieu le 1er avril 2006 à 04h19 GMT.

Fig. 2 : Soyouz TMA-8 (à droite) vient de s'amarrer à Zaria.
Le cargo Progress M-55 est amarré sur Pirs (à gauche).
Crédit : DR.

Il s'en suit un certain nombre de tests d'étanchéité, tous très concluants. Les écoutilles sont ouvertes à 05h42 GMT. Les trois hommes de Soyouz TMA-8 retrouvent McARTHUR et TOKAREV, qui viennent de passer six mois seuls à bord.

Le 8 avril, TOKAREV, McARTHUR et PONTES quittent la station à bord de Soyouz TMA-7 qui était amarré sur le module Zvezda. A l'heure actuelle, Soyouz TMA-8 est donc amarré au module Zaria, et Progress M-55 au module Pirs.

2. Arrivée de Progress M-56

Le 13 avril 2006, un essai du système de propulsion de Zvezda est réalisé. L'objectif est d'étudier la réponse de la structure de la station à un allumage des moteurs d'orientation. Les essais se déroulent entre 22h12 GMT et 22h17 GMT, mais la première partie des opérations n'est pas concluante à cause d'une erreur de procédure.

Un autre essai a lieu le 19 avril 2006. Son objectif est de tester les moteurs KD1 et KD2 de Zvezda, qui n'ont pas été utilisés depuis que le module a été amarré à la station, en juillet 2000. L'allumage des moteurs est prévu à 19h49 GMT, mais il n'a pas lieu. En effet, l'ordinateur de bord ne reçoit pas la confirmation de l'ouverture du couvercle de protection du KD2. Plus tard dans la journée, à 20h11 GMT, le test du 13 avril a été recommencé, cette fois sans incident.

Le 24 avril, Progress M-56 décolle du cosmodrome de Baïkonour. Il s'amarre au module Zvezda le 26 avril 2006 à 17h41 GMT en mode automatique à l'aide du système Kours.

Fig. 3 : Progress M-56 en approche.
Crédit : NASA.

Le 27 avril, un responsable du TsUP déclare à la presse que l'échec de l'essai du 19 avril est dû à une des antennes installées pour l'ATV, la WAL-2, qui aurait bloqué la protection solaire du second moteur.

Le 4 mai 2006, huit des moteurs DPO de Progress M-56 sont mis en service à 11h29 GMT (dt=391", dh=2,8km). Le 8 mai, le système Elektron subit une avarie. Une fuite est détectée dans l'une de ses unités de fluides (BZh-8) et contraint les cosmonautes à couper tout le système. L'oxygène est dorénavant fourni par le vaisseau Progress M-55.

Le 15 mai, c'est au tour du système Vozdoukh de présenter une défaillance. Lui aussi doit être arrêté à cause d'un problème avec une vanne. Les CDRA américains prennent le relais pour purifier l'atmosphère de son dioxyde de carbone. Le 17 mai, VINOGRADOV remplace l'une des vannes du Vozdoukh, après quoi il fonctionne normalement.

Le cosmonaute tente ensuite de réparer l'Elektron-VM. Il installe une nouvelle canalisation qui relie le système à la vanne extérieure. L'opération est fastidieuse car le tuyau doit parcourir une grande distance derrière les panneaux de Zvezda. La vanne extérieure devra être remplacée lors de la sortie dans l'Espace prévue pour le 1er juin.

Pendant que VINOGRADOV était occupé à ces opérations de maintenance, le TsUP a procédé à un transfert de carburant (48kg) et de comburant (104kg) de Progress M-56 vers Zaria.

3. Première sortie

La 19ème sortie dans l'Espace réalisée depuis le Segment russe (VKD-16) débute le 1er juin 2006 à 22h48 GMT, quand les cosmonautes Pavel VINOGRADOV (Orlan-M n°25) et Jeffrey WILLIAMS (Orlan-M n°26) sortent par l'écoutille VL-1 du module Pirs.

La première activité consiste à installer des cale-pieds Yakor sur l'un des deux mâts de charge GStM. Après cela, ils se dirigent vers le module Zvezda pour y installer la fameuse nouvelle valve qui devrait permettre au système Elektron-VM de fonctionner correctement.

Fig. 4 : Emplacement de la nouvelle valve pour le système Elektron.
Crédit : NASA TV.

Quand ils en ont terminé avec cela, ils utilisent le GStM pour aller à l'arrière de Zvezda, où ils photographient les moteurs et l'antenne WAL-2. Le but est de permettre aux équipes au sol de déterminer les causes du problème rencontré lors de l'essai dynamique du 19 avril 2006. Ils retirent ensuite un câble près de l'antenne WAL-3 qui semble être la cause du mauvais débit de cette dernière.

Pendant qu'ils sont ici, ils récupèrent l'expérience Kromka n°3, destinée à être exposée aux jets d'ergols des propulseurs du contrôle d'attitude. Comme ces derniers sont hautement toxiques, ils isolent le dispositif dans trois sacs étanches. Ils retournent ensuite sur le module Pirs et y retirent le troisième et dernier container de l'expérience Biorisk-MSN ainsi que le capteur BKDO.

Fig. 5 : Jeffrey WILLIAMS lors de la sortie du 1er juin 2006.
Crédit : NASA.

La deuxième partie de la sortie se déroule sur le segment américain, qu'ils rejoignent au moyen du GStM. Durant le transfert, un cale-pieds Yakor se détache et il est perdu dans l'Espace.

Les cosmonautes se rendent près du MBS pour remplacer une caméra défectueuse. Ils reviennent ensuite dans le sas du module Pirs, toujours au moyen du GStM, et ferment l'écoutille à 05h19 GMT (le 2 juin 2006). La sortie a duré 6h31.

Une autre activité avait été prévue : il s'agissait pour VINOGRADOV de lancer une balle de golf équipée d'un émetteur radio à l'aide d'un club de golf de la société canadienne Element 21, et ce dans le cadre d'une campagne de publicité. Roscosmos craignait toutefois que la balle puisse heurter un panneau solaire, et lança donc une campagne d'essais. Les résultats ont montré que les risques étaient négligeables, et que l'expérience pouvait avoir lieu. Mais la NASA n'a pas donné son accord.

4. Arrivée du vaisseau Progress M-57

Le 8 juin, VINOGRADOV active le système Elektron, afin de vérifier que les récentes opérations de réparations ont porté leurs fruits. L'appareil fonctionne correctement en mode 24A pendant plusieurs heures, puis s'éteint. Les causes du problème sont pour l'heure inconnues.

Le 9 juin 2006, à 18h47 GMT, les moteurs de Progress M-56 sont mis en service (dt=170", dh=1,2km). Cette manœuvre est effectuée en préparation de l'amarrage de Progress M-57 le 26 juin et de la navette spatiale Discovery début juillet.

Le 19 juin, à 14h06 GMT, le vaisseau Progress M-55 se sépare du module Pirs. Le vaisseau Progress M-57 décolle de Baïkonour le 24 juin 2006 et il s'amarre au module Pirs le 26 juin 2006.

Fig. 6 : Le vaisseau Progress M-57, le 26 juin 2006.
Crédit : NASA.

5. Discovery STS-121

La navette spatiale Discovery STS-121 décolle le 4 juillet 2006 à 18h38 GMT.

Fig. 7 : Décollage de Discovery STS-121.
Crédit : NASA.

Le 6 juillet 2006, l'orbiteur américain approche de la station. A 13h51 GMT, alors qu'il n'en est plus qu'à environ 180m, il entame sa manœuvre dite de RPM qui permet à VINOGRADOV et WILLIAMS de photographier son bouclier thermique. L'opération dure jusqu'à 13h59 GMT. LINDSEY pilote la navette dont il a le commandement dans une délicate manœuvre en direction du PMA-2.

Fig. 8 : Discovery pendant la RPM.
Crédit : NASA.

A 14h50 GMT, les gyroscopes CMG sont arrêtés et la station est laissée à la dérive, de manière à éviter un conflit entre les systèmes de contrôle d'attitude des deux véhicules. L'amarrage a lieu à 14h52 GMT. Les deux équipages procèdent alors aux traditionnelles vérifications d'étanchéité et de stabilité. Le contrôle d'attitude de l'ensemble Discovery-station est confié aux CMG qui sont remis en fonctionnement. Les écoutilles de Discovery et du PMA-2 sont ouvertes à 16h30 GMT.

Le 7 juillet, vers 09h45 GMT, la spécialiste de mission Stephanie WILSON prend les commandes du bras Canadarm2 pour saisir le MPLM Leonardo dans la soute de Discovery et le fixer sur le module Unity. L'arrimage entre Leonardo et Unity a lieu à 12h15 GMT.

Le 8 juillet 2006, Piers SELLERS et Michael FOSSUM réalisent la première sortie dans l'Espace de la mission. La première de leurs tâches et de bloquer un coupe-câble monté sur le Transporteur Mobile (MT). Le MT est équipé de deux de ces dispositifs, appelés IUA (Interface Umbilical Assembly), et en décembre 2005 l'un d'entre eux avait par erreur sectionné un câble reliant le MT au reste de la station. Pour éviter que l'autre IUA ne commette la même erreur, les astronautes installent une pièce destinée à bloquer la lame. Cette opération avait déjà été tentée en février 2006, mais n'avait pu être menée à bien.

Fig. 15 : L'astronaute Piers SELLERS lors de la première sortie.
Crédit : DR.

La deuxième tâche au programme de la sortie concerne le bras robotique de la navette Discovery. Pendant ce temps, VINOGRADOV et REITER s'attellent au transfert de matériel entre Leonardo et la station. Cela inclut notamment un nouveau générateur d'oxygène américain, qui sera prochainement installé dans le module Destiny.

Le 10 juillet 2006, les astronautes américains FOSSUM et SELLERS réalisent la deuxième sortie dans l'Espace de la mission STS-121.

Leur première tâche est de remplacer le câble TUS reliant le MT à la station qui avait été sectionné l'année dernière. La deuxième tâche consiste à transporter une pompe de rechange (pour le système de refroidissement de la station) de la soute de Discovery jusqu'à la plate-forme ESP-2 fixée sur le module Quest.

Le 12 juillet 2006, FOSSUM et SELLERS utilisent une troisième et dernière fois le module Quest pour une dernière sortie dans l'Espace destinée à tester des matériels pour la navette spatiale.

Le 14 juillet, le MPLM Leonardo est ramené dans la soute de Discovery. Le 15 juillet, à 08h15 GMT, les écoutilles entre Discovery et Destiny sont fermées. La navette américaine se sépare de la station à 10h08 GMT.

L'équipage MKS-13 est maintenant composé du commandant VINOGRADOV et des deux ingénieurs de bord WILLIAMS et REITER. C'est la première fois que la station est occupée de manière permanente par trois cosmonautes depuis que l'équipage MKS-6 est revenu sur Terre en mai 2003.

6. La deuxième sortie

Le 19 juillet, le système Elektron est activé au bout de trois tentatives. Le 26 juillet, les trois cosmonautes enfilent leurs scaphandres Sokol-KV-2 et essayent leurs couchettes Kazbek-UM dans le vaisseau Soyouz TMA-8. La couchette de REITER a été apportée par la navette Discovery STS-121.

Fig. 16 : Thomas REITER essaye son scaphandre et sa couchette.
Crédit : DR.

A 04h58 GMT, les moteurs de Progress M-56 sont allumés pendant 184,5s afin de rehausser l'orbite de la station de 1,31km en vue de l'arrivée de la navette spatiale américaine Atlantis. 56kg d'ergols sont consommés.

Le 3 août 2006, WILLIAMS (EMU n°3008) et REITER (EMU n°3015) se préparent pour leur sortie dans l'Espace. Le sas du module Quest commence à être dépressurisé à 13h50 GMT, et l'écoutille est ouverte à 13h54 GMT.

Les deux hommes rencontrent quelques difficultés pour effectuer cette opération, et ils ne branchent leurs batteries autonomes qu'à 14h04 GMT, heure officielle du début de la sortie. Ils quittent Quest à 14h25 GMT, WILLIAMS en tête.

La première tâche au programme des cosmonautes est l'installation de la FPMU (Floating Potential Measuring Unit) sur la poutre S1. Il s'agit d'un appareil destiné à mesurer le potentiel électrostatique de la structure de la station.

Fig. 17 : Emplacement de la FPMU sur la poutre S1.
Crédit : DR.

Une fois terminé, WILLIAMS et REITER retournent au module Quest pour y chercher les équipements nécessaires à leurs prochaines activités. Ils installent sur l'extérieur du module deux expériences MISSE (3 et 4). Ces instruments se présentent sous la forme de petites palettes présentant au vide cosmique un certain nombre de matériaux. L'objectif est d'observer leur réaction à leur exposition à l'environnement spatial.

Ensuite, les cosmonautes retournent sur la poutre S1. WILLIAMS s'attelle à remplacer un RJMC, tandis que REITER est occupé à remplacer un ordinateur MDM. Ces deux équipements sont montés sur le radiateur de la poutre. Le MDM est installé en prévision de son utilisation lors du déploiement de deux grands radiateurs lors de la mission STS-120.

A la fin de ces travaux, les cosmonautes ont pris une heure et demie d'avance sur leur emploi du temps. Ils en profitent pour réaliser une tâche non prioritaire : l'installation d'un projecteur sur un CETA, destiné à aider les astronautes en sortie lors des passages dans la nuit orbitale. Ils essayent également une caméra infrarouge et évaluent sa capacité à déceler des fissures dans la protection thermique des navettes spatiales.

Fig. 18 : Jeffrey WILLIAMS près du module Quest.
Crédit : DR.

Après cela, WILLIAMS commence à ranger des affaires dans le module Quest. Pendant ce temps, REITER installe une NPV (Non-Propulsive Valve) sur un conduit du module Destiny donnant sur le vide.

Les deux hommes ont pris tellement d'avance sur l'emploi du temps que le centre de Houston leur confie une tâche qui n'avait pas du tout été prévue : aller derrière la poutre S0 pour travailler sur un circuit électrique. C'est WILLIAMS qui s'en charge.

Après avoir effectué tout ce travail, WILLIAMS et REITER retournent au module Quest. Ils referment l'écoutille à 19h50 GMT et commencent à repressuriser le sas à 19h58 GMT. La sortie aura duré 5h54.

7. Opérations de routine

Le 9 août, VINOGRADOV et REITER démontent le système Kours-A du vaisseau Soyouz TMA-8. Le 11 août, le cosmonaute allemand passe 4h30 à démonter les dix détecteurs de fumée du module Zaria, à les nettoyer et à les remettre en place. Il consacre ensuite environ une demi-heure à s'entraîner à prendre des photos en prévision de l'arrivée de la navette spatiale Atlantis le 29 août, qui effectuera comme c'est maintenant l'habitude une manœuvre de rotation pour présenter son bouclier thermique à la station.

Le 15 août, les trois hommes ont une vidéoconférence avec les équipages d'Atlantis et du Soyouz TMA-9 qui viendra les relever en septembre. Le 17 août, dans le module Zvezda, le commandant VINOGRADOV installe des dispositifs destinés à atténuer le bruit des ventilateurs des systèmes d'air conditionné SKV-1 et SKV-2. Après leur mise en place, WILLIAMS effectue des mesures de l'environnement sonore du module et envoie ses résultats au sol. Plus tard, VINOGRADOV installe un troisième ordinateur de bord dans le module Zvezda : le SSC-3.

Le 22 août, le système Vozdoukh d'élimination du dioxyde de carbone est volontairement arrêté pour pouvoir tester l'efficacité de son équivalent américain : le CDRA. Le 23 août, à 16h04 GMT, les moteurs de Progress M-56 sont allumés (dt=543", dh=3,97km) pour une correction d'orbite.

Le 24 août, REITER remplace un Bloc 800A (le n°6) dans le module Zaria. L'ancien exemplaire sera abandonné dans le vaisseau Progress M-56. Ensuite, REITER et VINOGRADOV passent près de huit heures à charger Progress M-56 avec leurs déchets et le matériel usagé. Le soir du 24 août, Vozdoukh est remis en fonctionnement. Il résulte de l'essai que le système américain CDRA ne fonctionne pas aussi bien qu'il le devrait.

Le 29 août, une fuite de liquide de refroidissement (triol) est repérée dans le module Pirs. Par mesure de précaution, le circuit de refroidissement du module a été interrompu.

Le 6 septembre, VINOGRADOV remplace une unité de séparation liquide-gaz du système SRV-K2M. Le lendemain, le cosmonaute russe répare la petite fuite de triol qui avait été détectée dans le module Pirs.

8. Arrivée de la navette spatiale Atlantis STS-115

Le 9 septembre 2006, à 15h15 GMT, la navette spatiale américaine Atlantis décolle de Floride. La mise sur orbite se passe sans incident. L'engin s'amarre au PMA-2 du module Destiny le 11 septembre 2006 à 10h48 GMT, après avoir effectué une manœuvre de RPM qui a permis aux cosmonautes de la station de photographier le bouclier thermique de l'orbiteur, afin de détecter d'éventuelles fissures.

Fig. 19 : Atlantis s'approche de la station.
Crédit : DR.

Après l'amarrage, les astronautes américains FERGUSON et BURBANK sortent les poutres P3/P4 de la soute d'Atlantis. Les écoutilles sont ouvertes à 12h30 GMT, et les deux équipages se retrouvent. Ensuite, le Canadien Steven McLEAN et Jeffrey WILLIAMS utilisent le bras Canadarm2 pour saisir le P3/P4 et le positionner à l'extrémité de la poutre P1. Là, quatre boulons automatiques solidarisent le nouvel élément. On note au passage que McLEAN est le premier Canadien à manipuler le Canadarm2.

Fig. 20 : Ces dessins montrent l'installation du P3/P4 par Atlantis.
Il est extrait de la soute avec le RMS, puis est fixé à l'extrémité du P1 avec le Canadarm2.

Crédit : DR.

Le 12 septembre, les astronautes Joe TANNER et Heide STEFANYSHYN-PIPER réalisent la première sortie dans l'Espace de la mission depuis le module Quest (ils y avaient passé la nuit pour se préparer au changement d'atmosphère).

La première tâche de TANNER est de connecter des câbles électriques reliant le P3 au P1. Dès que cela est fait, le centre de Houston active le P3/P4 et vérifie que tout fonctionne bien. Ensuite, les deux Américains ôtent les dispositifs d'immobilisation des panneaux solaires qui n'étaient utiles que pendant le lancement.

Fig. 21 : Joseph TANNER lors de la première sortie.
Crédit : DR.

Tous les objectifs sont remplis au bout de seulement trois heures et demi de travail, et les astronautes commencent d'autres tâches prévues à l'origine pour la deuxième sortie, comme le démontage d'autres protections qui ne sont plus requises maintenant que les poutres sont en orbite. TANNER et STEFANYSHYN-PIPER rentrent dans la station après six heures et trente-six minutes passées à l'extérieur.

Dès le 13 septembre, la deuxième sortie a lieu avec BURBANK et McLEAN. Ils se chargent d'ôter des protections sur le Joint Rotatif des Panneaux Solaires (SARJ) du P4. Le SARJ est un dispositif qui permettra aux panneaux solaires de tourner, et ainsi de rester alignés sur le Soleil. Cette opération devait occuper les astronautes pendant six heures, mais comme elles avaient été commencées lors de la première sortie, ils leur reste beaucoup de temps pour effectuer d'autres tâches.

Fig. 22 : McLEAN et BURBANK lors de la deuxième sortie.
Crédit : DR.

Ils commencent donc à préparer la structure P3/P4 à recevoir le Transporteur Mobile (MT). La sortie dure au total sept heures et onze minutes. Quand les astronautes sont en sécurité à bord de la station, le JSC active le SARJ et se livre à plusieurs essais pour en vérifier le bon fonctionnement.

Le 14 septembre est un grand jour dans l'histoire de la station, car c'est celui où le JSC de Houston procède au déploiement des panneaux solaires géants (35m de long) de la structure P4.

Fig. 23 : Déploiement du nouveau panneau solaire.
Crédit : DR.

Un incident survient dans la nuit du 14 au 15 septembre quand, en prévision de leur seconde sortie, TANNER et STEFANYSHYN-PIPER dorment dans le module Quest, fermé hermétiquement.

Un disjoncteur RPC est activé par erreur, et la pompe de dépressurisation du module Quest s'arrête. Comme cette pompe est nécessaire pour pouvoir effectuer la sortie, il est important de la réparer. TANNER et STEFANYSHYN-PIPER quittent le module et partent terminer leur nuit dans le module Unity, équipés de masques respiratoires. Les autres membres d'équipage se chargent de reconnecter le RPC et de réactiver la pompe.

La troisième sortie commence donc le 15 septembre avec 45 minutes de retard à cause de cet incident. TANNER se dirige vers la poutre P6 pour travailler sur son BGA (le dispositif qui permet aux panneaux solaires de s'orienter selon l'axe longitudinal). Le but de la manœuvre et d'installer huit cales sur des boulons, afin d'éviter que ces derniers puissent à la longue se dévisser.

De plus, il met en place une autre cale, destinée à une charnière du P6. L'installation avait déjà été tentée par les astronautes de la navette spatiale Endeavour STS-97 en décembre 2000, mais elle avait échoué. Cette fois-ci, TANNER atteint son objectif.

Pendant ce temps, STEFANYSHYN-PIPER récupère l'expérience MISSE-5, qui avait été installée lors de la mission STS-114 en août 2005. La suite des opérations se déroule sur le P4. Les astronautes retirent des sangles qui retenaient le PVR (Photovoltaic Radiator), ce qui permettra ensuite de le déployer.

Ensuite, sur la poutre P3, TANNER et STEFANYSHYN-PIPER libèrent le chemin qu'empruntera le MT. La dernière opération est le remplacement d'une antenne SASA (S-band Antenna Support Assembly) sur la poutre S1. L'antenne de rechange est, quant à elle, entreposée sur la poutre Z1. La SASA défaillante est attachée temporairement et sera ramenée sur Terre lors d'une future mission.

Les deux astronautes rentrent ensuite dans le module Quest; leur sortie aura duré 6h45.

Une fois les astronautes en sécurité, le PVR est déployé et le MT est positionné sur le P3. Le 17 septembre, à 12h50 GMT, la navette Atlantis se sépare de la station. Pendant 45 minutes, elle effectue un survol d'inspection de la station. C'est la première fois depuis quatre ans (mission STS-112) qu'une telle manœuvre est réalisée.

Fig. 24 : La Station Spatiale Internationale photographiée avant
l'amarrage (gauche) et après la séparation (droite).

Crédit : DR.

VINOGRADOV, WILLIAMS et REITER se retrouvent à nouveau seuls à bord de la station, mais ce n'est pas pour longtemps : l'équipage de relève doit en effet décoller dès le lendemain.

9. Retour sur Terre

Le vaisseau Soyouz TMA-9 décolle du cosmodrome de Baïkonour le 18 septembre 2006, soit moins de vingt-quatre heures après le départ de la navette Atlantis. L'équipage est constitué des cosmonautes Mikhaïl TIOURINE et Michael LOPEZ-ALEGRIA (MKS-14), ainsi que de la première femme touriste de l'Espace, Anousheh ANSARI, qui reviendra sur Terre avec VINOGRADOV et WILLIAMS au terme d'un vol EP-11 de dix jours.

Peu de temps après le lancement du nouveau vaisseau, le système Elektron se met à fuir et doit être arrêté. D'ici à ce qu'il soit réparé, l'oxygène sera fourni par des cartouches SFOG.

Le 19 septembre 2006, à 00h28 GMT, Progress M-56 quitte la station, libérant ainsi le port d'amarrage du module Zvezda. Ce dernier reçoit le vaisseau Soyouz TMA-9 le 20 septembre 2006 à 05h21 GMT.

Après plus d'une semaine d'opérations communes, l'heure du retour arrive. Le 28 septembre 2006, VINOGRADOV, WILLIAMS et ANSARI enfilent leurs scaphandres Sokol-KV-2 et montent dans le Soyouz TMA-8. Ils se séparent du module Zaria à 21h50 GMT et atterrissent dans la steppe kazakhe, au nord d'Arkalyk, le 29 septembre 2006 à 01h13 GMT. Le soleil vient juste de se lever, et la température extérieure n'est que de -5°C.

Fig. 25 : Atterrissage de Soyouz TMA-8.
Crédit : DR.

La récupération est réalisée par le FPSU qui vient d'être totalement réorganisé. Quelques inquiétudes avaient d'ailleurs été émises, car cette restructuration avait entraîné un manque d'entraînement. Mais tout se passe pour le mieux, et les hélicoptères repèrent le vaisseau avant même qu'il n'ait touché le sol. Après le contact, le SA se couche sur le côté, mettant ses occupants dans une position très inconfortable.

Les cosmonautes sont ensuite emmenés vers l'hôpital de campagne qui vient d'être monté. Là-bas, on leur enlève leurs scaphandres et ils subissent quelques examens médicaux. Après cela, un hélicoptère les ramène à Koustanaï, toujours au Kazakhstan, où une cérémonie traditionnelle les attend.

Vient ensuite le voyage en avion jusqu'à Moscou. Après un atterrissage à l'aéroport Tchkalovski, ils sont emmenés jusqu'à la Cité des Etoiles. Le 2 octobre, une première conférence de presse est organisée. La cérémonie solennelle de bienvenue se tient au TsPK le 19 octobre 2006.

La treizième mission d'occupation de la Station Spatiale Internationale aura duré 182 jours, 22 heures et 42 minutes.

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