Proton | Segment sol

Le lanceur Proton ne peut être lancé que depuis le cosmodrome de Baïkonour, où plusieurs zones lui sont dédiées.

1. La Zone 31

Elle abrite plusieurs installations :

1.1. Le MIK-40

C'est ici que les parties hautes des lanceurs Proton-K étaient assemblées. On y arrimait les charges utiles avec leur interface lanceur, ainsi qu'un éventuel étage supérieur Bloc DM.

A la base, le MIK-40 a été construit pour soutenir les activités liées au lanceur Soyouz. Après l'arrêt des vols de Proton-K, il est consacré exclusivement à cela.

1.2. La station 11G12

C'est une station de remplissage pour les fluides haute pression des étages Briz-M (l'hélium de pressurisation des réservoirs d'ergols). Située juste en face du MIK-40, elle est aussi utilisée par les vaisseaux Soyouz et Progress.

Fig. 1.2.1 : Un Briz-M à la station de remplissage 11G12.
Crédit : Roscosmos.

2. La Zone 92

C'est la principale zone dédiée au lanceur Proton. Elle regroupe les bâtiments de préparation du lanceur et des charges utiles (MIK), la station de remplissage des étages Briz-M et les dépôts.

Fig. 2.1 : Vue par satellite du MIK-92A-50.
Crédit : GoogleEarth.

Fig. 2.2 : La face sud du MIK-92A-50.
En arrière plan, la zone 97, avec la station de télémesure IP-3.
Crédit : DR.

2.1. Le MIK-92A-50

Ce bâtiment, surnommé « Poltinnik », n'est aujourd'hui utilisé que pour les Proton-M. Près de lui ont été construits cinq dépôts 92A-75 qui permettaient de stocker jusqu'à quatre lanceurs chacun, ainsi que quatre satellites.

Fig. 2.1.1 : L'entrée du MIK-92A-50.
Crédit : DR.

Fig. 2.1.2 : Le MIK-92A-50.
Crédit : DR.

Le MIK-92A-50 a une longueur de 229m, une largeur de 146m et une hauteur de 33,9m [2]. Des travaux de grande envergure ont été entrepris en 1997, et la première campagne à inaugurer le MIK-92A-50 après cette rénovation a été celle du satellite EchoStar 4, qui a été lancé le 7 mai 1998.

Fig. 2.1.3 : La face nord du MIK-92A-50 (en arrière plan, le dépôt 92A-75KhG).
Crédit : DR.

Fig. 2.1.4 : Au premier plan, les dépôt 92A-75A, 92A-75B, 92A-75V, 92A-75G.
Crédit : DR.

Fig. 2.1.5 : Travaux de rénovation du MIK-92A-50, en 1997-1998.
Crédit : DR.

Le MIK-92A-50 est constitué de plusieurs halls :

- La salle 101, qui abrite deux bancs de préparation. Un premier pour les étages supérieurs Briz-M, et un second pour l'intégration des charges utiles sur les Briz-M, ainsi que leur mise sous coiffe. La salle 101 a une atmosphère contrôlée au niveau de la température et de la propreté [1].

Fig. 2.1.6 : La salle 101 du MIK-92A-50.
Crédit : GKNPTs Khrounitchev / Andreï KRASSILNIKOV.

- La salle 111, où les lanceurs Proton-M sont assemblés et testés. En tout, quatre lanceurs peuvent être entreposés ici simultanément, et deux d'entre eux peuvent être préparés au lancement en même temps.

C'est ici que la partie haute, après avoir été assemblée dans la salle 101, est intégrée au lanceur. La salle 111 abrite également un banc de préparation pour les étages supérieurs Bloc DM-03 (11S861-03), et un autre pour les satellites GLONASS-M (14F113) [1].

Fig. 2.1.7 : Vue de la salle 111, avec trois lanceurs Proton-M en préparation,
et son banc de préparation des Bloc DM-03.
Crédit : Andreï KRASSILNIKOV.

- La salle 102 permet le déstockage des satellites à leur arrivée à Baïkonour.

- La salle 103 sert au stockage des équipements de préparation des satellites.

- La salle 103A permet le remplissage des satellites en ergols.

Fig. 2.1.8 : Remplissage d'un satellite dans la salle 103A du MIK-92A-50.
Crédit : DR.

2.2. La station de remplissage du Briz-M

Appelée TZP (Технологическая заправочная площадка), elle permet le remplissage des réservoirs des étages supérieurs Briz-M (UDMH et tétraoxyde d'azote). Cette station est située à environ 70m du MIK-92A-50. Les ergols étant hautement toxiques, les opérations de remplissage comportent des risques pour la sécurité du personnel.

Fig. 2.2.1 : La station de remplissage du Briz-M.
Crédit : Roscosmos.

Fig. 2.2.2 : La station de remplissage du Briz-M.
Crédit : DR.

2.3. Le MIK-92-1

Ce fut le premier MIK construit pour le lanceur Proton. Au cours des années 2000, il n'était plus utilisé que pour les Proton-K. Après le retrait du service de ces dernières, il a cessé d'être utilisé. Roscosmos a projeté de le réhabiliter pour Proton-M [1], mais cette idée n'est plus d'actualité.

Fig. 2.3.1 : Le MIK-92-1.
Crédit : DR.

C'est ici que les trois premiers étages étaient assemblés. Ensuite, la partie haute (KGTch) était amenée par voie ferrée et intégrée au lanceur.

Fig. 2.3.2 : Vues de l'intérieur du MIK-92-1.
Crédit : DR.

2.4 Le MIK-92-2

Le bâtiment 92-2, également appelé LK (Лабораторный корпус), servait aux essais des modules des stations Almaz, des vaisseaux TKS et de leurs dérivés, ainsi que des satellites US et IS.

Fig. 2.4.1 : Le MIK-92-2.
Crédit : DR.

Une deuxième aile, appelée MIK-92-2V, a été construite ultérieurement. Elle servait notamment pour la préparation des satellites US-K. Un deuxième bâtiment, appelé 92-223, sera également construit.

3. Les complexes de lancement

Les deux zones de lancement disposent chacune de deux pas de tir et fonctionnent indépendamment l'une de l'autre. Dans chaque zone, les deux pas de tir sont distants de 600m. Chaque zone possède une tour de service mobile. D'une hauteur de plus de 77m, elles permettent d'accéder à tous les niveaux du lanceur et à la charge utile et disposent de deux ascenseurs chacune.

3.1 La zone 81

Elle abrite le complexe de lancement 8P882K, constitué des pas de tir n°23 et n°24. La zone 81 appartenait aux Forces Spatiales, mais a été transférée sous la responsabilité de Roscosmos le 31 décembre 2005.

Le pas de tir n°24 fut le premier à être utilisé. C'est lui qui a servi pour les premiers lancements de Proton en 1965-1966. Il a ensuite subi une grande rénovation de 1978 à 1999.

Fig. 3.1.1 : L'un des pas de tir de la zone 81.
Crédit : DR.

Le pas de tir n°23 a été introduit pour Proton-K dès 1967 et a été rénové entre 1979 et 1989. Il n'a jamais été modifié pour Proton-M, et le dernier lancement qu'il a accueilli est celui du 26 décembre 2004. Il n'y en aura pas d'autre.

Au début des années 1970, les deux pas de tirs avaient reçu des modifications dans le cadre du programme de moteur RD-301 à fluor/ammoniac, mais les travaux avaient été arrêtés en cours de route en 1976.

Le contrôle des lancements est effectué depuis un bunker appelé salle n°250, situé à environ 1,3km du pas de tir n°24.

3.2. La zone 200

Elle abrite le complexe de lancement 8P882K-4F, constitué des pas de tir n°39 et n°40. Elle appartient à Roscosmos depuis 1998.

Le contrôle des lancements est effectué depuis un bunker appelé salle 246, situé à environ 1,5km du pas de tir n°39. La zone 200 possède aussi deux dépôts d'UDMH (bâtiment n°6 pour le pas de tir n°40, n°6A pour le pas de tir n°39) et deux dépôts de tétraoxyde d'azote (bâtiment n°7 pour le pas de tir n°40, n°7A pour le pas de tir n°39). Chacun de ces quatre dépôts abrite quatre cuves de 100m3 chacune [1].

Fig. 3.2.1 : L'entrée de la zone 200.
Crédit : DR.

Le pas de tir n°40 a été sorti de l'exploitation en mars 1991. En 2004, il avait été envisagé de le modifier pour qu'il puisse accueillir le nouveau lanceur Angara, dans le cadre du projet russo-kazakh Baïterek, mais l'idée a été abandonnée. En revanche, les dépôts d'ergols (bâtiments 6 et 7) sont toujours utilisés pour stocker l'oxygène liquide des étages supérieurs Bloc DM lancés du pas de tir n°39 [1].

Jusqu'en 2003, le pas de tir n°39 était réservé aux lancements militaires. Il est modernisé de fin 2003 à février 2004 pour pouvoir accueillir les lanceurs Proton-M équipés de l'étage supérieur Briz-M. Le premier vol de Proton-M depuis le pas de tir n°39 intervient le 16 juin 2004.

De mai à octobre 2012, le pas de tir n°39 est temporairement retiré du service pour une grande opération de maintenance sur les bâtiments n°6A et 7A (remplacement des ventilations). Pendant ce temps, tous les lancements ont lieu depuis le pas de tir n°24 de la zone 81. Le retour en service opérationnel a lieu avec le vol du 20 novembre 2012 [1].

Bibliographie

[1] KRASSILNIKOV, A., Космодром Байконур сегодня, Novosti Kosmonavtiki n°12-2012
[2] PERMINOV, A., Байконур - 50, История космодрома в воспоминаниях ветеранов, p. 62


Dernière mise à jour : 17 avril 2016