S-75 | HistoirePar Christian LARDIER, de l'Institut Français d'Histoire de l'Espace (IFHE).
Photos 1. Origine du projetLe projet initial était le missile Chb-32 [1] de D.L. Tomachevitch (1899-1974) [2], chef du secteur n°32 du KB-1/NPO Almaz en 1950/53. C’est un missile à deux étages contrairement au missile S-25 de Lavotchkine. Il décolle à l’aide d’un accélérateur à poudre PRD-10 de 20 t de poussée du MKB Iskra (I.I. Kartoukov) et le 2ème étage est propulsé par un moteur à ergols liquides S2- 168B de 1,3 t de poussée de l’OKB-2 du NII-88 (A.M. Isaiev). Les essais en vol commencent fin 1952 à Kapustin Yar. Il y aura un total de 15 tirs. La production commence au NII-88 en 1952, puis passe à l’usine n°82 de Touchino. Mais le programme est abandonné en juin 1953. Il est repris avec la création de l'OKB-2 du ministère des machines moyennes (MSM) [3] à l’usine n°293 de Khimki par le décret n°2838-1201 du 20 novembre 1953. Le constructeur principal est P.D. Grouchine (1906-1993) [4]. Le secteur n°32 est transféré dans l’OKB-2 : Tomachevitch devient le 1er adjoint en 1953/54 et le secteur est divisé en trois groupes : celui de construction dirigé par N.G. Zyrine (1909-1992) en 1953/56, celui de conception dirigé par E.I. Krinetsky en 1953/69, celui des essais dirigé par V.N. Elagine. La première production est le S-75 Dvina [5] (ou SA-2 Guideline) qui utilise la fusée V-750 (1D). Elle est l’équivalent du MIM-3 Nike Ajax américain. Elle possède un accélérateur à poudre PRD-18 d’Iskra qui fonctionne pendant 4-5 sec (ergol HMF-2 du NII-125), puis un 2ème étage avec un moteur à liquide (acide nitrique AK-20F-Tonka-250) qui fonctionne 22 secondes. Le moteur, à turbopompe, est développé en concurrence par deux OKB : l’OKB-2 d’Isaiev fait le S2.711 (2,6t de poussée) et l’OKB-3 de Sevrouk fait le S3.20 (3,1 t de poussée). La turbopompe est démarrée par de l’isopropylnitrate (OT-155). Le système de radioguidage FR-15A est fourni par le KB-1, tandis que l’autopilote AP-75 l’est par le secteur n°36 (P.M. Kirillov) du KB-1. L’alimentation électrique de bord est fournie par le NIEEI/VNIIT/NPP Kvant. L’ogive est fournie par le NII-6/TsNIIKhM avec un radiodétonateur du NII-504/NPP Impulse (distance jusqu’à 60m, angle 60 à 180°, vitesse relative de 600-1500m/sec). L’installation de lancement SM-63 est développée par le TsKB-34/KBSM (B.S. Korobov) avec l’actionneur de guidage du TsNII-173/TsNIIAG. Les sources de courant terrestres dont fournies par l’OKB- 686/Projektor et le NII-627/VNIIEM. Les moyens de transport et ravitaillement en ergols sont fournis par le GSKB SpetzMach. La fusée, d'un poids de 2165kg, est dotée d'une ogive de 190kg. Elle a une longueur de 10,47m avec un diamètre de 0,50m (envergure des ailes 2,57m). La zone d’interception est de 7-27km en portée et de 3-22km en altitude. La probabilité de destruction de la cible est de 0,5. Le système intercepte une cible volant à 1500km/h à l'altitude de 22km. Une division (6 batteries et 12 missiles) peut détruire 5 cibles en 10 minutes (intervalle de 1,5-2 minutes). Il est possible d'engager 2-3 fusées pour éliminer un avion. Mais il ne peut atteindre des cibles volant à basse altitude (inférieure à 3km) et à basse vitesse (jusqu'à 300m/s). Le radar d'alerte est le P-10/P-12/Ienisseï du SKB-197/NNIIRT produit à l’usine de télévision Lénine de Gorky à partir de 1956. Le radar d'engagement SNR-75 est réalisé par A.A. Raspletine (1908-1967) [6], constructeur principal du KB-1/NPO Almaz en août 1953, et son premier adjoint B.V. Bounkine (1922-2007)[7]. Le décret n°2070-964 du 1er octobre 1954 décide de la création d’un magnétron sur la fréquence de 10cm pour l’engagement. Il y a deux méthodes de guidage : proactive avec lissage de la trajectoire ou « trois points ». La partie radioélectronique est produite par l’usine n°304/KMZ de Kountsevo, tandis que la partie antenne l’est par l’usine n°710/PEMZ de Podolsk, l’usine n°92/GMZ de Gorky et l’usine n°23/ZIKh de Moscou. L’avant-projet est terminé en mai 1954. 2. Les premiers essais en volLes essais en vol (LKI) sont réalisés par Ya.I. Tregoub de l’unité n°29139 de Kapustin Yar. La première étape concerne les essais de décollage avec les modèles 1BD et 2BD (8 tirs) : le premier lancement intervient le 26 avril 1955. La seconde étape concerne les vols autonomes en version télémétrique 1TD et 2TD : une première campagne porte sur 24 tirs, puis une seconde campagne porte sur 13 tirs dont deux échecs réalisés du 2 juin au 27 octobre 1956. Les 3ème et 4ème étapes portent sur essais d’interception d’Il-28 et d’un Tu-4. Ils ont lieu entre le 16 janvier et le 25 juin 1957. Au total, il y a 36 tirs de fusées télémétriques 2TD et 10 à charges militaires 1D. Ces dernières effectuent huit destructions d’Il-28 (sept du premier coup et une avec deux fusées). La première destruction est réalisée par la fusée n°80 en janvier 1957. Pour le Tu-4, il est intercepté par la 2TD n°131 sans destruction. Le décret n°932-424 du 1er août 1957 ordonne les essais combinés qui sont réalisés en septembre-octobre 1957 (32 tirs dont 19 x TD et 13 x 1D). Ces dernières effectuent six destructions d’Il-28 (cinq du premier coup et une avec deux fusées). La commission d’État était dirigée par le général-lieutenant P.N. Koulechov (1908-2001) [8] et comprenait I.V. Illarionov (1913-2008), adjoint, Raspletine et Grouchine (constructeurs principaux), le général A. Yarovoï (chef du polygone en 1954/60), B.V. Bounkine (1922-2007), V. Komarov, V.V. Viouch (1914-1977), B.S. Korobov (1905-1975), les colonels G.S. Legassov (1921-2006), chef de la 1er direction 4ème GUMO, I.A. Fabrikov, chef de la 2ème direction 4ème GUMO, I.M. Pentchoukov (1920- 2011), 1er adjoint NIR du polygone, V.A. Edemsky (1920- ?), A. Mikhailov, V. Jouravlev. 3. Le S-75 en service opérationnelLe 28 novembre 1957, Koulechov donne son accord pour déclarer le système opérationnel : il est intégré dans l’armement par le décret n°1382-638 du 11 décembre 1957. Les premières unités sont alors déployées. Le décret n°336-255 du 19 mars 1956 donne le délai du 1er juillet 1957 pour la recette d’État, puis la production de 265 batteries et de 7220 fusées V-750 en 1956/1960. En 1955, la production en série est confiée à l’usine n°41/Avangard de Moscou où une filiale de l’OKB-2 est créé sous la direction de V.S. Kotov, adjoint de Grouchine. Puis en 1957, elle est aussi assurée par l’usine n°464/DNPP de Dolgoproudny. En 1958, c’est au tour de l’usine n°272 de Leningrad (devenu Leningradsky Severny Zavod), l’usine n°292 de Saratov (modèle 11D) et l’usine n°8/ZIK de Sverdlovsk (qui passe 3M8/Kroug en 1964). Le système de radioguidage est fourni par l’usine n°663/Mospribor de Moscou (intégré dans le TsNII Kometa). L’autopilote, quant à lui, est produit à l’usine n°2 de Kovrov, l’usine n°32/Avitek de Kirov, l’usine n°393/KMZ de Krasnogorsk et l’usine n°706/MZEMA (gyroscopes). L’alimentation électrique (batteries et transformateurs) sont fournies par les usines n°140/Mayak de Moscou, n°220 de Moscou et n°699/Machinoapparat de Moscou. Le moteur S2.711 est produit en série dans les usines n°82/TMZ de Touchino, n°466/Krasnaya Oktiabr de Leningrad et n°66/ZlatMach de Zlatooust. L’accélérateur PRD-18 est produit à l’usine n°464 de Dolpoproudny, tandis que l’ergol solide vient de l’usine n°98/NPO Kirov de Perm. L’installation de tir SM-63 est produite par l’usine n°232/Bolchevik de Leningrad, puis dans les usines n°13/usine de wagons Kirov d’Oust-Katav (région de Tcheliabinsk) et n°75 de Yourga (région de Kemerovo). Enfin, Les moyens de transport et ravitaillement en ergols sont produits par l’usine n°464. 4. Les nouvelles versions 11D et 13DPar le décret n°1195-618 du 25 août 1956, il fut décidé d’augmenter l'altitude du système S-75 à 25 km, ce qui fut fait par l’amélioration du moteur à liquide (S2.711V de 3,1 t de poussée), l’engin devenant le V-750V/11D de 2281 kg avec une zone d’interception est de 7-34 km en portée et de 3-27 km en altitude. De plus, il fut décidé de passer de la fréquence de 10 cm (V) à 6 cm (N). Ainsi, le V-750 devient le V-750N, puis le V-750VN (13D) du système S-75/Desna en 1959. Les essais en vol ont eu lieu en 1957/58 : onze fusées télémétriques 10TD dont sept sont utilisées contre des cibles virtuelles, une contre une cible sous parachute et une contre un avion Il-28. Il y a six échecs sur les 11 tirs à cause de nombreux défauts de fabrication de la station au sol et des fusées. Le 31 janvier 1958, l’interception de l’Il-28 échoue. Puis une campagne d’essais complémentaire en fréquence V est réalisée entre novembre 1957 et février 1959. La première étape porte sur 44 survols des stations au sol par des avions MiG-15, MiG-17, MiG-19, Yak-25, Il-28, Tu-4, Tu-16, Tu-95, 3M. La seconde étape porte sur les interceptions de cibles virtuelles et réelles : 22 fusées sont lancées dont 15 militaires (1D) et sept télémétriques (2TD). Quatre fusées (n°187, 188, 189, 195) sont lancées contre des cibles virtuelles volant à Mach 2 (560m/s) : il y a deux succès et deux échecs. Puis quatre fusées (n°210, 256, 216, 219) sont lancées sur des cibles virtuelles volant à 3km d’altitude : il y a deux succès et deux échecs. Puis quatre fusées (n°220, 221, 222, 223) sont lancées contre un Il-28 : la n°221 est lancée 15 secondes après la n°220, la n°222 est lancée 2,5 secondes après la n°221 et la n°223 est lancée 18 secondes après la n°221. Les deux premières ont abattu l’avion, tandis que les deux dernières sont des échecs. Puis trois fusées (n°272, 273, 274) sont lancées contre un Tu-4 : la n°272 est un échec, la n°273 est lancée 12 secondes après la n°272, la n°274 est lancée 22 secondes après la n°273. Les deux dernières ont abattu l’avion. Puis trois fusées (n°300, 301, 302) sont lancées contre un Tu-4 : la n°301 est lancée 11 secondes après le n°300, la n°302 est lancée 23 secondes après la n°300. Les deux premières ont abattu l’avion, tandis que la 3ème fusée a une panne de détonateur. Finalement, quatre fusées (n°295, 296, 303, 304) sont lancées contre une cible à faible réflexion radar : deux MiG-17 sont visés par deux fusées lancées avec un intervalle de 8-10 secondes. Les trois premières fusées sont des succès, mais la 4ème fusée a une panne de détonateur. Le 1er mai 1960, l’avion-espion U-2 piloté par Gary Powers est abattu au-dessus de Sverdlovsk dans l’Oural par un tir de V-750 (13D de l’usine n°8) effectué par la division du major Mikhaïl Romanovitch Voronov (1918-2002) de la 5ème armée VVS et PVO située dans le village de Kossoulino. En 1958, il est prévu de produire les moyens terrestres pour 130 divisions dont 78 en fréquence V avec 950 missiles V-750V et 52 divisions en fréquence N avec 700 missiles V-750VN. L’usine n°41 réalise le plan de 400 fusées (dont 40 V-750VN), tandis que l’usine n°464 en produit seulement 164 sur la prévision de 200 (dont cinq V-750VN). 5. Les autres versions5.1. La fusée 20DLa modernisation est décidée par les décrets n°608-293 du 4 juin 1958 et n°1048-499 du 16 septembre 1958. Le système S-75M/Volkhov est alors doté du radar d’alerte P-18 (SKB et usine n°197 de Gorky), du radar d’engagement РСН-75МВ (KB-1 et usine n°304), de la fusée V-755/20D qui a la portée de 43 km pour une altitude de 0,4 à 30 km et peut intercepter une cible volant à 2300 km/h (OKB-2). Le moteur S2.711 est remplacé par le S2.720 (poussée de 2,3 à 3,8 t), l’accélérateur à poudre PRD-18 est remplacé par le PRD-58, l’autopilote AP-75 est remplacé par le AP-755, le système de radioguidage FR-15A est remplacé par le FR-15M, le radiodétonateur est remplacé par un 5E11 du NII-504, l’installation de tir SM-63 est remplacée par le SM-90 (TsKB-34). Les essais se déroulent en 1959/61 et le décret n°350-150 du 20 avril 1961 déclare le S-75M opérationnel. Le décret du 4 juin 1963 décide de l’unification de Desna et Volkhov en développant le système S-75D/Desna-D avec la fusée V-755 et le S-75M1/Volkhov avec la fusée V-750VN. Ils sont opérationnels en 1969. 5.2. La version S-75M2Le décret du 22 septembre 1967 décide du développement de la version S-75M2 dotée du missile V-759 (5Ya23), une modernisation du V-755. Il a une portée de 6-56 km pour une altitude de 0,1 à 30 km et peut intercepter une cible volant à 3700 km/h Il est déclaré opérationnel par le décret n°94-37 du 12 février 1971. 5.3. La version S-75M3La version S-75M3 est décidée par les décrets n°608-298 du 4 juin 1958 et n°1234-528 du 30 décembre 1960 : elle est dotée de la version V-760/15D équipée de l’ogive nucléaire RA-6 de 15 kt (NII-25/VNIIA). Les essais en vol ont lieu à Sary-Shagan en 1962 et elle est déclarée opérationnelle par le décret n°421-166 du 15 mai 1964. Équipée de la nouvelle ogive nucléaire RA-52, elle devient la V-760V (5V29) qui est déclarée opérationnelle par le décret n°317-107 du 23 avril 1975. 5.4. La version S-75M4En 1976, il est décidé de faire la version S-75M4/Volkhov-M qui est déclarée opérationnelle en 1978. La version navale M-2/Volkhov : les décrets du 13 août 1955 et 17 août 1956 ont décidé d’équiper les navires de la Marine de missiles sol-air de trois types : M-1 de courte portée (15 km), M-2 de moyenne portée (30 km), M-3 de longue portée (60 km). Le M-2 est l’équivalent du Terrier américain. Un croiseur Pr70E Dzerjinsky est équipé d’une installation de tir SM-64 (TsKB-34) et du missile V-753 (OKB-2). Les radars sont développés par le NII-10/Altaïr (A.S. Grinchtein) et le NII-49/TsNII Granit (S.T. Zaïtsev). En décembre 1958, les premiers tirs sont effectués du navire, puis il y a 20 tirs en 1959 dont tirs contre cibles réelles (Il-28). Le programme est abandonné le 3 août 1961 au profit du V-600 (4K90) du M-1/Volna. 6. Les versions à statoréacteursLe décret n°1048-499 du 16 septembre 1958 décide la version V-757/17D. L'accélérateur à poudre était identique à la V-750, tandis que le second étage était propulsé par un statoréacteur mis au point par V.A. Sosounov au TsIAM. D'un poids de 2635-3045kg, elle a atteint la vitesse maximale de M=3,7 (vitesse moyenne de 820-860m/sec). Elle avait une portée de 40km et une altitude maximum de 23km. Le premier tir a lieu le 23 janvier 1960 : le statoréacteur accélère l’engin de 560 à 690m/s et parcours une distance de 23km. Le second tir est aussi un succès. Mais le troisième est un échec (phénomène de pompage). Les essais autonomes commencent avec le quatrième tir du 22 avril 1960. Ils se terminent à l’été 1962 après environ quarante tirs. Une version 18D sera étudiée avec un schéma intégral (huit moteurs à poudre dans la chambre de combustion servaient d'accélérateur et d'ergol pour la statofusée). La version V-757Kr (3M10) est en concurrence avec le 3M8 Kroug de l’OKB-8/Novator. Mais elle sera abandonnée. En 1963, c’est au tour du V-758/22D. C'est un engin à trois étages (accélérateur à poudre, quatre statofusées à combustible à poudre, troisième étage à poudre). Les statofusées de 118 kg sont placés en bout des ailes du second étage. D'un poids de 3110-3260 kg, elle a atteint la vitesse de M=4,8 à l'altitude de 30 km. Il y aura trente-trois vols d'essai du 27 décembre 1963 jusqu'au 25 août 1966. Lors du 28ème vol, en février 1966, les statofusées ont été remplacées par quatre statoréacteurs RD-046 (460 mm de diamètre) de Bondariouk. Deux autres vols auront lieu en 1966, mais le programme sera abandonné en 1967. 7. Récapitulatif des différentes versions- V-750 (1D) en 1955 Les versions engins-cibles - Sinitza-1 (20D) Évolutions du système S-75 - SA-75/Dvina en 1957 Versions export Volga et Volga-M En 1959, le S-75 Dvina est livré en Chine (62 fusées 11D) par le KB-1 et l’OKB-2. Il devient le HQ-1 chinois qui est utilisé la première fois le 7 octobre 1959 pour abattre un avion-espion RB-57D au-dessus de Pékin. Puis cinq U-2 sont abattus les 9 septembre 1962, 1er novembre 1963, 7 juillet 1964, 10 janvier 1965 et 8 septembre 1967 au-dessus de la Chine. Mais en 1961, c’est la rupture entre URSS et Chine. Cette dernière fait alors une copie nationale, le HQ-2, qui est produit en série et déclaré opérationnel en juillet 1967. Les évolutions sont le HQ-2A en 1978 et le HQ-2B en 1986. Au total, plus de 600 lanceurs et 5000 missiles HQ-2 ont été produits en Chine. Une version sol-sol de 150 km de portée est développée : le DF-7/CSS-8. La Chine a exporté le HQ-2 et le le DF-7/CSS8 en Iran qui en a fait le Sayyad-1 et le Tondar-69. En 1962, le S-75 Dvina est livré à Cuba (144 missiles sol-air S-75 Desna). Le 27 octobre 1962, un avion-espion U-2 est abattu au-dessus de l’île. De 1965 à 1972, le S-75 est abondamment utilisé pendant la guerre du Vietnam : 7568 fusées fusées ont été livrées et ont servi à 3228 combats aériens qui ont permis d’abattre 1293 avions américains de différents types dont 54 bombardiers stratégiques B-52. En 1973, il a été utilisé pendant la guerre du Kippour : 14 autres avions israéliens ont été abattus par les Égyptiens et les Syriens utilisant le système S-75. Ces complexes ont également été utilisés au Liban par les Syriens en 1982. Il est utilisé depuis plus de 30 ans dans de nombreux pays aux quatre coins du monde : Afghanistan, Algérie, Angola, Arménie, Azerbaïdjan, Birmanie, Bulgarie, Chine, Corée du Nord, Cuba, Tchécoslovaquie, Égypte, Éthiopie, Géorgie, Hongrie, Indonésie, Inde, Iran, Iraq (jusqu’en 1991), Lybie, Kazakhstan, Kirghizistan, Moldavie, Mongolie, Pakistan, Pologne, RDA (jusqu’en 1991), Roumanie, Somalie, Soudan, Syrie, Tadjikistan, Vietnam, Yémen du Nord (Sanaa), Yémen du Sud (Aden), Yougoslavie (jusqu’en 1991). Selon certaines sources, le V-750 aurait été produit à environ 45000 exemplaires dont environ 10000 exemplaires du modèle 5Ya23 et quelques centaines de la version nucléaire. L'équivalent américain, le Nike-Ajax, a été mis en service en 1954 et a été produit à 13714 exemplaires. DécorationsCette réalisation a été décorée en 1958 : Bounkine et Grouchine ont reçu la médaille de Héros du travail socialiste. Le prix Lénine a été remis à A.A. Raspletine (1908-1967), F.V. Loukine (1908-1971), P.M. Kirillov (1922-2008), K.S. Alperovitch (1922-2019), R.S. Boudanov (1908-1986), G.F. Dobrovolsky (1914-1989), E.G. Zelkine (1911-2006), A.V. Pivovarov (1916-2010), V.E. Tchernomordik (1923), You.N. Afanasiev (1926-2015), V.N. Kouzmine, N.V. Semakov du KB-1, G.E. Bolotov, E.S. Iofinov (1925-2010), You.F. Krasontovitch, F.S. Koulechov, N.I. Stepanov de l’OKB-2, A.M. Isaiev (1908-1971) et V.N. Bogomolov (1919-1997) de l’OKB-2 NII-88, B.S. Korobov (1905-1975) du TsKB-34, I.I. Pogojev (1903-1976) du TsNII-173, A.N. Sadekov (1911-1990) du NII-6 et B.A. Tchelychev du NII-504. Pour la production en série, l’Ordre de Lénine a été remis le 6 mars 1962 à P.N. Koulechov (adjoint des PVO), L.I. Gorchkov (chef OKB de l'usine n°304), A.Ya. Sekatchev (directeur de l'usine n°41), I.V. Dorochenko (directeur de l'usine n°464/DNPP), N.P. Yanotchkine (directeur de l'usine n°272), M.V. Lavrov (directeur de l'usine n°8), V.V. Lobanov (directeur de l'usine n°75), A.I. Soldatov (directeur de l'usine n°122), A.I. Fedotchev (directeur de l'usine n°710). L’Ordre du travail du drapeau rouge a été remis à M.N. Liapounov (directeur de l'usine n°466), M.A. Ferine (directeur usine n°26), V.A. Soutyrine (directeur de l'usine n°32), M.P. Garine (directeur usine n°686), I.A. Jivopistsev (directeur usine n°382), V.V. Krotov (directeur OuralMachZavod), etc. Enfin, la modernisation des systèmes S-25M et S-75M a été décorée du prix Lénine en 1965 : R.A. Valiev, G.S. Legassov, K.V. Lendzian (4ème GUMO), K.K. Kapustian, F.M. Choumilov (KB-1), V.V. Koliaskine (OKB-2), A.V. Potopalov (OKB-82), L.I. Gorchkov, Ya.L. Fridman (usine n°304), N.I. Oganov (RTI Mintz), I.A. Chouchkov (général-lieutenant artillerie). Notes[1] Le secteur était en charge des missiles ChB (B pour Bolchoï, ou Grand) et du ChM (M pour Malyi, ou Petit). Le premier donnera le missile sol-air ChB-32 et le second, le missile air-air K-5. [2] Termine l'institut polytechnique de Kiev en 1926, puis entre à l'usine n°43 de Kiev où il travaille pendant cinq ans. En 1931, il va à Moscou où il entre à l’usine n°39 Menjinsky. En 1933, il passe dans l’OKB de Polikarpov dont il devient l’adjoint en 1936. Il est constructeur en chef du chasseur I-180 qui entraînera la mort du célèbre pilote Tchkalov. Il sera condamné pour cela en 1939 (condamné à 5 ans de prison le 20 juin 1939) à la charaga TsKB-29 NKVD qui est évacuée à Omsk en 1941/43. Là, il conçoit quelques avions (110 et Pégase). Puis il travaille sur le Pe-2 de Miassichtchev à l’usine n°124 de Kazan (usine n°22 de Fili évacuée à Kazan) en 1943. Le 30/7/44, Polikarpov est décédé et le même jour, Tomachevitch est nommé adjoint de l’OKB-51. Ce dernier est repris par V. N. Tchelomeï pour développer la copie du V-1 (missile 10Kh). Mais Tomachevitch ne supporte pas de travailler avec Tchelomeï et part comme professeur à l’académie Joukovsky en 1947. En 1948, il est constructeur principal du missile allemand Hs 293A (RAMT-1400/Chouka) au KB-2 des machines agricoles (qui deviendra le NII-642 en 1951/58). Mais deux ans plus tard, il prend la direction du secteur n°32 du KB-1 de l’industrie de défense (aujourd’hui NPO Almaz) où il travaille sur le missile KS-1/Kometa, le ChB-32 et le ChM/K-5. Il reçoit le prix Staline en 1953. Le secteur de Tomachevitch est alors transféré dans l’OKB-2 de Grouchine pour terminer la réalisation du missile K-5. Mais les deux hommes ne s’entendaient pas et Tomachevitch est parti pour devenir professeur à l’institut d’aviation de Moscou (MAI) en 1954. A partir de 1956, il est consultant du KB-1 et participe à la réalisation du missile antichar Drakon du constructeur principal A. I. Bogdanov. Mais ce travail sera transféré au TsKB-14 de Toula. De 1958 à 1967, il fait partie du personnel du KB-1 et continue d’enseigner au MAI à la chaire de conception des appareils volants. Il est docteur es sciences techniques en 1961, professeur en 1962, prix d’État en 1969. Mais l’on retiendra de lui qu’il ne pouvait pas s’entendre avec Tchelomeï et Grouchine, deux grands constructeurs de l’industrie des missiles en URSS. [3] Le KB-1 de Raspletine et l’OKB-2 de Grouchine faisaient partie du MSM de juin 1953 à avril 1955. Auparavant, les missiles sol-air étaient dans la 3ème direction principale (TGU) de Riabikov. Après avril 1955, ils étaient dans le Comité spécial (SpetzKom) pour l’armement de l’Armée et de la Marine du Conseil des ministres, à nouveau dirigé par Riabikov. Puis ils passent dans le MOP/GKOT (armement) en 1957, GKAT (aéronautique) en 1958, GKRE (radioélectronique) en 1959, puis MRP (radiotechnique) en 1965. [4] Termine le MAI en 1932, entre dans l'OKB de Lavotchkine en 1941, directeur de l’OKB-2/Fakel en 1953, constructeur général en 1960/88, Académicien en 1966, Héros du travail socialiste en 1958/81, Prix Lénine en 1963, Prix d'état en 1965. [5] Le système S-75 est développé sous maîtrise d’œuvre du KB-1 du Ministère de l’industrie d’armement (MOP). [6] Termine l'Institut électrotechnique de Leningrad en 1936, entre au NII-9 en 1936/42, puis au TsNII-108 en 1943 où il réalise les radars d'artillerie SNAR-1 (1946) et SNAR-2 (1950), directeur et constructeur principal du KB-1/MKB Strela/NPO Almaz en 1953/67, constructeur général en 1960/67, académicien en 1964, héros du travail socialiste le 20 avril 1956, prix Lénine en 1958, prix Staline en 1951. [7] Termine l'Institut d'aviation de Moscou en 1947, constructeur général de la NPO Almaz en 1968/98, académicien en 1974, héros du travail socialiste en 1958/1982, prix Lénine en 1980, prix d’État en 1970 [8] Termine l’école d’artillerie de Tomsk, l’académie Dzerjinsky en 1938, l’académie de l’état-major général en 1941, chef adjoint état-major de l’artillerie en 1944, chef de la faculté des fusées à l’académie Dzerjinsky en 1946/50, chef adjoint de l’académie en 1950/52, chef du polygone d’essais des PVO à Kapustin Yar en 1952/54, chef de la 4e direction principale du ministère de la Défense en 1954/62, commandant adjoint des PVO pour l’armement en 1962/65, chef GRAU en 1965/83, héros du travail socialiste en 1978, prix Lénine en 1982. [9] Un test aérien d’explosion de la bombe RA-6 aurait eu lieu le 9 octobre 1962 à Novaya Zemlia. Dernière mise à jour : 14 décembre 2023 |
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